Liban : Aboul Gheit appelle à la non-ingérence

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit, qui était jeudi en visite à Beyrouth pour contribuer au règlement de la crise politique, a appelé à l’élection d’un nouveau président libanais sans ingérence étrangère. «Il revient aux Libanais de décider eux-mêmes de leur sort. Il ne faut plus qu’il y ait une mainmise sur leur pays», a déclaré le ministre égyptien à la presse après une rencontre avec le président sortant, le prosyrien Emile Lahoud. Ces propos viseraient en particulier la Syrie, selon un membre de la majorité parlementaire soutenue par l’Occident. «Les déclarations d’Aboul Gheit s’inscrivent dans le cadre des pressions exercées sur la Syrie pour qu’elle cesse son ingérence à travers ses alliés libanais afin d’entraver la présidentielle», a précisé cette source à l’AFP sous couvert de l’anonymat. Le Liban est plongé dans une grave crise politique, qui bloque notamment la tenue de la présidentielle.
La majorité parlementaire antisyrienne reproche à l’opposition menée par le Hezbollah chiite d’être soumise aux diktats syrien et iranien, tandis que celle-ci accuse le pouvoir en place d’être inféodé aux Etats-Unis. Aboul Gheit a déclaré à son arrivée à Beyrouth qu’il visitait le Liban «pour tenter d’aider à surmonter ces difficultés». «Nous ne pouvons pas dire que nous sommes porteurs de points de vue ou de directives mais nous tenterons aujourd’hui d’aider à transmettre la vision égyptienne aux dirigeants libanais», a-t-il souligné.
Le mandat de l’actuel chef de l’Etat prosyrien Emile Lahoud s’achève le 24 novembre. L’élection de son successeur par le Parlement a été reportée à deux reprises, faute de consensus entre la majorité et l’opposition. Une troisième séance est désormais fixée au 12 novembre. Durant sa visite d’une journée, Aboul Gheit s’est entretenu avec les différents protagonistes des deux camps et avec le cardinal Nasrallah Sfeir, patriarche de la communauté maronite dont sont issus les chefs d’Etat libanais. Le cardinal Sfeir a lancé une initiative pour rapprocher les dirigeants maronites de la majorité et de l’opposition. Le chef de la diplomatie égyptien a annoncé qu’il s’entretiendra en fin d’après-midi, pour la deuxième fois, avec le président du Parlement et l’un des leaders de l’opposition, Nabih Berri, ainsi qu’avec le chef de la majorité parlementaire, Saad Hariri. Cette rencontre sera suivie d’une conférence de presse. Six députés antisyriens ont été assassinés depuis 2005 dans des attentats imputés par la majorité à la Syrie, qui nie toute implication.

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