Liban : Démission du gouvernement et incertitude

Les Etats-Unis et la France ont conjointement appelé mardi matin à Londres au retrait des troupes syriennes du Liban et à la tenue d’élections « libres et équitables » dans ce pays. S’exprimant lors d’une conférence de presse, dans le cadre de la réunion de soutien à l’Autorité palestinienne organisée dans la capitale britannique, Condoleezza Rice et Michel Barnier, le ministre français des Affaires étrangères, ont assuré que la résolution 1559 des Nations unies sur le Liban était « très claire ». La première tâche à laquelle est confrontée la classe politique est la désignation d’un nouveau Premier ministre en remplacement de M. Karamé. Or, la communauté sunnite, au sein de laquelle le Premier ministre doit être choisi selon la tradition, apparaît désemparée avec la disparition de Rafic Hariri, qui restait une sorte de recours en temps de crise, selon le député Ghassan Moukheiber.
Selon son entourage, l’ancien Premier ministre Salim Hoss, qui vient de constituer une « troisième voie » entre l’opposition et le pouvoir pro-syrien, a cependant fait savoir qu’il déclinerait le poste, s’il lui était proposé. Le futur Premier ministre est désigné par le président de la République, mais ce dernier a au préalable l’obligation de consulter les députés. En général, le Premier ministre est choisi au sein du club fermé des ex-Premiers ministres, qui représentent les familles politiques traditionnelles sunnites.
La désignation de Rafic Hariri en 1992, un homme d’affaires, après une crise économique aiguë, avait constitué une première, et depuis la fin de la guerre civile en 1990, au cours de laquelle un autre chef de gouvernement, Rachid Karamé, a été assassiné en 1987, la classe politique sunnite ne s’est pas renouvelée.
Une autre inconnue demeure, à savoir la nature du prochain gouvernement. Le chef de l’opposition Walid Joumblatt a réclamé mardi la formation d’un gouvernement « transitoire » qui organise un retrait partiel syrien, avant la tenue des élections législatives du printemps, et qui soit capable de mener à bien l’enquête sur l’assassinat de Hariri.

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