Liban : Inquiétudes après le meurtre de Jihad Jibril

Jihad, le fils d’Ahmad Jibril, chef du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), a été tué lundi dans l’explosion de sa voiture piégée dans l’ouest de Beyrouth. Plus tard, la police découvrait dans le coffre d’une voiture, dans un quartier voisin, le corps décomposé d’un militant nationaliste chrétien anti-syrien, Ramzi Irani, disparu depuis deux semaines. Le FPLP-CG a accusé Israël du meurtre de Jihad Jibril, dauphin présomptif de son père, ce que Tel-Aviv a catégoriquement démenti.
De leur côté, des groupes chrétiens libanais basés aux Etats-Unis avaient accusé les « forces d’occupation syriennes » au Liban d’être à l’origine de la disparition de Irani. Le quotidien francophone « L’Orient-le jour » écrit mardi qu’ « il est des coïncidences pour le moins troublantes. Le Liban que ses dirigeants s’évertuent, depuis longtemps, à dire sûr et parfaitement guéri de ses vieux démons, a renoué hier avec des pratiques qu’on espérait dépassées ».
Selon le journal An-Nahar, il est naturel de relier le meurtre de Jibril et « les tentatives des derniers mois contre la sécurité du Liban », notamment l’assassinat le 24 janvier de l’ancien chef de guerre de la milice chrétienne des FL, Elie Hobeika. L’attentat contre Hobeika, également attribué par le gouvernement libanais aux services secrets israéliens mais qui n’a pas été encore élucidé, avait déjà réveillé les fantômes de la guerre civile (1975-90). Considéré comme proche de la Syrie, le journal As-Safir écrit, pour sa part, dans un titre barrant la une : « L’atteinte à la sécurité commise par Israël sème la peur au liban». «Le danger qu’illustre l’assassinat de Jihad Jibril (…) c’est la capacité d’Israël de violer en plein jour la sécurité nationale (du Liban) », poursuit le journal, qui reprend à son compte les accusations portées contre l’Etat hébreu, notamment par le FPLP-CG. « Ce qui est arrivé nécessite un renforcement de la sécurité du pays, en particulier pour faire face aux menées israéliennes, qu’il s’agisse de réseaux ou d’agents, tout spécialement quand Israël ne cache pas son intention de liquider les leaders qu’il accuse de +terrorisme+ », selon As-Safir.

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