Liban : la « Ligne Verte » s’attaque à la marée noire

Armés de pelles et de seaux, des dizaines de volontaire s’affairaient jeudi pour nettoyer la plage de Ramlet el-Bayda, près de Beyrouth, submergée par une marée noire qui a pollué au moins un tiers de la côte libanaise après un bombardement israélien.
«Nous essaierons d’enlever le plus de sable possible aujourd’hui et demain et nous saurons alors combien de jours seront nécessaires», explique Nina Jamal, de l’organisation écologiste libanaise Ligne verte.
Des volontaires empilent des débris noircis, d’autres creusent le sable, transformé en une épaisse pâte noirâtre, et déploient des barrages flottants pour contenir le fioul.
Le sable de la plage, longue d’un kilomètre, a été souillé sur des dizaines de mètres de largeur. Et le fioul s’est enfoncé sur près de 50 centimètres de profondeur, découvrent avec consternation les écologistes. Un trou creusé près du rivage met au jour au moins cinq couches d’épais mazout.
«Du coup, le nettoyage est encore plus difficile, chaque nouvelle vague enfonce un peu plus le mazout dans le sable», note Nina. "Il faudra au moins six ans avant un retour à la normale".
Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), entre 10.000 à 15.000 tonnes de mazout se sont répandues en mer après le bombardement israélien mi-juillet des cuves de la centrale électrique libanaise de Jiyé, à 30 km au sud de Beyrouth.
«Il s’agit sans aucun doute du pire désastre écologique en Méditerranée», estime Wael Hmaidan, de Ligne Verte.
La coopération avec le gouvernement et le secteur privé sera essentielle pour le nettoyage, explique Nina Jamal, et une société privée a déjà accepté de stocker provisoirement le sable pollué. Mais Ligne Verte, qui a déjà perdu un mois en raison des combats entre Israël et la milice chiite du Hezbollah, se heurte à la bureaucratie.
Un bulldozer venu dans la matinée pour déplacer les tonnes de sable a dû s’arrêter sur décision des autorités, obligeant les volontaires à reprendre leurs pelles.
«On n’a pas le droit de créer des complications bureaucratiques devant un tel désastre, c’est la pire période pour l’environnement!», s’exclame Nina expliquant que la marée noire met en danger la reproduction des tortues de mer.
En plus, le blocus maritime et aérien imposé par Israël empêche l’acheminement de matériel lourd vers les parties de la côte les plus polluées, souligne le porte-parole de Greenpeace, Basma Badran.

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