Liban : L’Egypte joue le médiateur

Le président Hosni Moubarak s’est rendu, mardi à damas, pour rencontrer son homologue syrien Bachar al Assad. La visite de Moubarak à Damas n’a pas été annoncée mais elle n’est pas surprenante car, de l’aveu même du président égyptien, la présence syrienne au Liban est un sujet que les deux hommes ont régulièrement abordé depuis deux années. Ainsi, la situation au Liban et le redéploiement des forces syriennes ont été au centre de leurs entretiens.
Au cours de sa visite, Moubarak était accompagné de son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, du chef des services de renseignements égyptiens, Omar Suleiman et du secrétaire général de la présidence, Zakariya Azmy, a précisé un responsable égyptien. Par ailleurs, les services de renseignements syriens ont commencé, mardi, à évacuer leur quartier général à Beyrouth dans le cadre de la première phase de leur retrait du Liban concédé sous la pression de la rue et de la communauté internationale. Cette première phase, qui concerne l’évacuation des soldats et des agents syriens de la région de Beyrouth et du nord du pays vers la Bekaâ et la frontière syrienne avant le 31 mars, semble ainsi s’achever avec un peu d’avance. Le calendrier de la seconde phase, le retrait total des 14.000 hommes stationnés au Liban, exigé par le Conseil de sécurité à l’instigation de Washington et de Paris, n’est pas encore fixé. Parallèlement, sur la rive libanaise, le pro-syrien Omar Karamé, reconduite jeudi 10 mars dans ses fonctions, dix jours après avoir démissionné sous la pression de l’opposition et de la rue, a commencé ses consultations avec les députés loyalistes, dont 71 d’entre eux (sur 126) lui ont renouvelé leur confiance. 
L’opposition, qui compte 44 parlementaires, a décidé de se faire représenter par seulement deux députés, notamment Guinwa Jalloul et Farès Souaid. Ils sont chargés de remettre à M. Karamé une liste d’exigences, sans se prononcer sur une éventuelle participation au gouvernement d’union nationale souhaitée par le pouvoir pro-syrien. Par ailleurs, l’opposition libanaise n’apprécie pas le retour d’Omar Karamé à la tête du nouveau gouvernement. Rappelons que, le lundi 14mars, une gigantesque manifestation a été organisée à l’appel de l’opposition où plusieurs centaines de milliers de Libanais ont manifesté, dans le centre de Beyrouth, pour exiger le retrait total des troupes syriennes, la démission des responsables des services de sécurité et la vérité sur l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais, Rafic Hariri. Nombre d’entre eux dénonçaient, également, la désignation du Premier ministre pro-syrien, Omar Karamé, à la tête du gouvernement libanais.

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