Liban : Un seigneur de la guerre enfin libre

Samir Geagea, chef de l’ex-milice chrétienne des Forces libanaises (FL), seul "seigneur de la guerre" détenu au Liban durant plus de 11 ans pour des faits commis pendant la guerre civile, a retrouvé mardi la liberté et a aussitôt appelé à la réconciliation nationale. La libération de ce combattant anti-syrien, amnistié la semaine dernière, intervient près de trois mois après le retour au Liban du général Michel Aoun, un autre anti-syrien rentré au pays après un exil forcé de 15 ans en France. Sa remise en liberté confirme la perte d’influence de la Syrie qui a déployé pendant trois décennies ses soldats au Liban. Ceux-ci ont quitté le "pays du Cèdre" fin avril sous la pression internationale et de l’opposition libanaise.
Samir Geagea, un chrétien maronite de 53 ans, est le seul de tous les seigneurs de la guerre (1975-1990) à avoir croupi en prison pour des crimes commis pendant ce conflit sanglant. Sans la citer nommément, Samir Geagea, décontracté, un peu amaigri mais avec la même fermeté que dans le passé, a pointé du doigt la Syrie qu’il a tenue responsable de son incarcération et des malheurs des Libanais. «Vous êtes sortis de la grande prison (syrienne), ce qui a permis de me sortir de ma petite prison», a-t-il dit dans un discours au ton très politique, tenu dans le salon d’honneur de l’aéroport de Beyrouth où il est arrivé juste après sa libération, accompagné d’un convoi de l’armée libanaise. Geagea devait se rendre dans un pays européen pour l’instant tenu secret pour des raisons de sécurité. Evoquant ses années de détention «très, très dure dans une cellule souterraine, en solitaire».
Au ministère de la Défense près de Beyrouth, il a réaffirmé sa fidélité à ses convictions durant ces années. «Je n’ai jamais senti que j’étais détenu car mon âme est restée libre», a-t-il lancé dans un élan lyrique, sous les applaudissements de ses fidèles, de députés et de dignitaires religieux venus le saluer. Évoquant également "les agressions qui continuent de frapper le Liban à l’intérieur et aux frontières", en allusion à la campagne d’assassinats d’hommes politiques et de journalistes, et au quasi-blocus syrien face au trafic de marchandises aux frontières.

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