Libye : Le PS exige une commission d’enquête

Libye : Le PS exige une commission d’enquête

Les députés socialistes ont demandé officiellement mercredi la création d’une commission d’enquête «sur les conditions de la libération des infirmières bulgares en Libye et sur les accords franco-libyens» après la polémique à ce sujet entre gouvernement et opposition, a-t-on appris auprès du groupe.
Une «proposition de résolution» en ce sens a été déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale. Elle est présentée par Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, radical et citoyen et divers gauche. Le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer, s’était déclaré vendredi dernier «très favorable» à la création de cette commission réclamée par le premier secrétaire du PS François Hollande, promettant que ce travail d’investigation «apportera toute la transparence». Aussitôt, l’Elysée et Matignon avaient annoncé que le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon approuvaient la prise de position de M. Accoyer. La résolution souligne que «la libération (le 24 juillet, NDLR) des otages bulgares détenus en Libye pendant huit ans est la réparation d’une monstrueuse injustice » et se félicite «que la France ait donné l’impulsion décisive avec l’engagement personnel du président de la République dans la gestion du dossier». Les députés socialistes souhaitent connaître «les conditions exactes» de ces remises en liberté et «les protocoles d’accord (mémorandum) entre la France et la Libye qu’a conclu le président de la République à Tripoli au lendemain de cette libération». Selon eux, «la coïncidence entre les deux événements, le flou et les déclarations contradictoires qui ont entouré le contenu de ces accords, mais aussi et peut-être surtout la nature de la réconciliation de la France avec un Etat qui fait bon marché des droits de l’homme et des règles internationales, méritent une information complète et impartiale des Français». La résolution préconise l’audition «de toutes les personnalités qui ont concouru à la gestion de ce dossier».
La commission d’enquête devra notamment établir, souhaitent les députés socialistes, s’il y a eu «un troc entre la libération des otages et les accords franco-libyens».Le président Sarkozy a affirmé plusieurs fois qu’il n’y avait eu «aucune contrepartie» à l’élargissement des cinq infirmières et du médecin bulgares. M. Ayrault affirme ne faire «aucun procès d’intention au président de la République et au gouvernement» mais entend «connaître les tenants et les aboutissants» de ce dossier. La présidence d’une commission d’enquête est généralement dévolue au groupe qui en fait la demande, selon la présidence du groupe socialiste.

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