Libye : une Libyenne homosexuelle demande asile en France

Une Libyenne, poursuivie dans son pays parce qu’elle est homosexuelle et qui était entrée dans l’Union européenne (UE) par l’Italie, a été autorisée à présenter une demande d’asile en France, a-t-on appris lundi auprès de la préfecture de la Moselle (nord-est du pays). La France instruira, en lieu et place de l’Italie, la demande d’asile de Nessma Faraj à laquelle a été accordée une autorisation provisoire de séjour, a-t-on précisé de même source. L’UE, où le droit d’asile est régi par une convention de 1951 relative au statut des réfugiés, a mis en place depuis 20 ans une politique commune pour éviter qu’un demandeur d’asile débouté par le pays où il est entré dans l’espace Schengen ne fasse une nouvelle demande dans un autre pays européen. Mlle Faraj, arrivée en France en mars avec un visa Schengen (espace de libre-circulation européen, NDLR) après une escale de quelques heures en Italie, aurait de ce fait dû déposer une demande d’asile dans ce dernier pays. Pour accepter la demande de la réfugiée libyenne, la France a fait jouer la clause de souveraineté contenue dans la convention de Dublin, qui fixe depuis 1990 les critères relatifs au pays compétent pour traiter les demandes d’asile. La requête de Mlle Faraj était soutenue par 126 associations et une vingtaine d’élus, une mobilisation sans précédent en France pour un cas particulier. La jeune Libyenne poursuivait dans son pays des études supérieures qu’elle a dû interrompre après la dénonciation de son homosexualité sur l’Internet. Une fois connue son orientation sexuelle, elle avait été arrêtée, violée puis remise à sa famille qui avait cherché à la marier de force, selon la Coordination lesbienne de France (CLF). Mlle Faraj a produit à l’administration française des documents émanant de la police libyenne prouvant qu’elle avait été arrêtée parce qu’elle est homosexuelle, a ajouté la CLF. L’homosexualité est passible de trois à cinq ans d’emprisonnement en Libye. Un récent rapport du Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU a dénoncé la situation difficile des demandeurs d’asile en Italie, depuis la signature par Rome et Tripoli d’un accord de réadmission des réfugiés libyens en Libye.

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