L’interpellation d’un journaliste de Libération suscite l’indignation

Des réactions de stupeur et d’indignation se multipliaient samedi au lendemain de l’interpellation d’un dirigeant du quotidien de gauche français Libération dans une banale affaire de diffamation, «une première» selon l’avocat du journal. L’ex-directeur de la publication, Vittorio de Filippis, a été interpellé vendredi au petit matin à son domicile par des policiers qui l’ont conduit au commissariat du Raincy, en région parisienne. Il a ensuite été inculpé à Paris de «diffamation publique» envers Xavier Niel, fondateur du fournisseur d’accès Internet Free. «Il n’y a pas de précédent en France, aucun directeur de publication n’a subi ce que j’ai subi», a affirmé samedi à l’AFP M. de Filippis, qui, à ce poste, était pénalement responsable de tout ce qui était publié.
Aujourd’hui, directeur du développement de Libération, M. de Filippis a affirmé sur le site du journal avoir été arrêté sans ménagement et insulté devant l’un de ses deux fils, âgés de 10 et 14 ans, lesquels sont restés seuls tandis qu’il était emmené au commissariat.
Il a ensuite été acheminé, menotté au dépôt du tribunal de Paris, enfermé et déshabillé à deux reprises avant d’être conduit devant la juge. De source policière, on affirmait que M. de Filippis aurait «pris de haut» les policiers «irréprochables» venus l’interpeller sur ordre de la juge, après que celle-ci eut délivré un mandat d’amener, M. de Filippis n’ayant pas répondu à une convocation. Dès vendredi soir, l’avocat de Libération Me Jean-Paul Levy s’est dit «scandalisé» par un «tel traitement pour un délit qui n’est pas passible de prison». Samedi, le Parti socialiste a stigmatisé des «méthodes inadmissibles qui n’ont pour but encore une fois que d’entraver la liberté de la presse».

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