L’Irak aspiré par la spirale de la violence

L’Irak aspiré par la spirale de la violence

La coalition américaine a déclaré le jeune dirigeant chiite radical Moqtada al-Sadr depuis lundi comme étant un «hors-la-loi» et Washington a promis son arrestation.
Les forces américaines ont délivré lundi un mandat d’arrêt contre ce dirigeant, accusé d’avoir participé au meurtre d’un autre religieux chiite, Abdel Majid al-Khoï, en avril 2003 à Nadjaf. Mais Moqtada al-Sadr a quitté mardi la mosquée de Koufa transformée en forteresse et où il s’était retranché depuis des jours. Il a annoncé son départ dans un communiqué publié par son bureau de Nadjaf sans donner de précision sur sa destination. Parallèlement, ses fidèles se sont heurtés aux soldats britanniques mardi à Amarah, dans le sud de l’Irak, et des témoins déclarent avoir vu des Irakiens tués dans ces affrontements. Le commandement britannique n’a fait aucun commentaire. Par ailleurs, à Nassiriah dans le sud de l’Irak, plus de cinq cents soldats italiens ont affronté mardi des miliciens chiites du jeune imam.
Deux civils ont été tués et onze Italiens blessés. Serait-ce les prémices d’une dangereuse dégradation de la situation en Irak ?? En tout cas, ces derniers jours, les partisans de al-Sadr ont pris le contrôle de plusieurs ponts sur l’Euphrate qui traverse Nassiriah, bloquant le transfert de marchandises de part et d’autre de la ville. Ils ont aussi occupé une station de télévision locale.
La milice d’al-Sadr, connue sous le nom de « l’armée d’Al Mahdi », a multiplié les actions de protestations depuis le week-end dernier pour protester contre l’arrestation d’un proche de l’imam accusé de meurtre et la fermeture d’un journal favorable au clan al-Sadr par les autorités américaines. Mais d’un autre côté, les chiites d’Irak ne semblent pas favorables aux attaques contre les forces d’occupation comme celles qui se déroulent récemment, d’après un sondage de l’Institut de recherche international d’Oxford pour plusieurs chaînes de télévision occidentales.
Selon cette enquête, réalisée pour ABC News, la BBC, la chaîne allemande ARD et la Japonaise NHK, seul un Irakien chiite sur dix juge « acceptable » les attaques contre les soldats de la coalition dirigée par les Etats-Unis, contre trois sur dix parmi les sunnites, et sept sur dix dans la province d’Anbar, où se trouve notamment Falloujah, dans le « triangle sunnite » bastion de la révolte. Cette enquête auprès de 2.737 Irakiens âgés de 15 ans et plus a été réalisée du 9 au 28 février et comporte une marge d’erreur de deux points de pourcentage.
Pendant ce temps-là, à Washington, les déclarations se succèdent entourées de plus en plus d’ambiguïté.
Alors que le président américain George W. Bush a réaffirmé lundi, la volonté de la Maison-Blanche de transférer la souveraineté aux Irakiens à la date prévue, le 30 juin prochain, on dénote que le général John Abu Zayd, chef du Commandement central américain (Centcom) évoque sérieusement l’éventualité de l’envoi de renforts militaires en Irak. Ce dernier a même demandé à ses commandants de définir rapidement plusieurs options militaires possibles. Il faut dire que les affrontements en cours sont les plus meurtriers depuis la chute du pouvoir de Saddam Hussein le 9 avril 2003. La détérioration des conditions de sécurité en Irak est très inquiétante. Raison pour laquelle, le Haut commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR) a annoncé mardi qu’il avait suspendu le rapatriement par convois vers le sud de l’Irak de réfugiés irakiens installés en Iran. Pour la même raison, Téhéran demande aux citoyens iraniens de ne pas se rendre en Irak, même pour de courts pèlerinages dans les lieux saints du chiisme du pays.

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