L’Irak, casse-tête des USA

Le dossier irakien constitue désormais un casse-tête pour les décideurs américains. Des pertes humaines sont provoquées presque chaque jour, des dégâts matériels énormes sont occasionnés quotidiennement et les Américains doutent de plus en plus sur la capacité de leur président George W. Bush à gérer les crises internationales. Dans ce cadre, les décideurs du pays de l’Oncle Sam viennent de confier le dossier de la gestion de la reconstruction de l’Irak à la Maison Blanche. En effet, la Maison Blanche prend un rôle plus direct dans la reconstruction de l’Irak, alors que les critiques sont de plus en plus nombreuses concernant le coût financier élevé de cette implication, le nombre important de victimes et les revers subis. L’agence de presse (AP), citant une note classée secrète, rapporte qu’un « groupe de stabilisation de l’Irak » devrait être créé et placé sous la direction de Condoleezza Rice, conseillère nationale à la Sécurité aux Etats-Unis. L’équipe dirigée par Condoleezza Rice contrôlerait de manière directe quatre secteurs. Il s’agit du contre-terrorisme, les questions économiques, les questions politiques et les médias. Le Pentagone et l’Autorité provisoire de la coalition (CPA) continueront à jouer le premier rôle, mais cette mesure donnera à la Maison Blanche une grande responsabilité en matière de surveillance, selon les autorités. Ces dernières précisent également que la création de ce groupe montre aussi que les efforts de reconstruction entrent dans une nouvelle phase, alors que l’administration Bush cherche 87 milliards de dollars pour la reconstruction et les opérations militaires en Irak et en Afghanistan. Par ailleurs, la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le projet de résolution américaine sur l’Irak s’est achevée lundi soir sans véritables avancées. Pour plusieurs pays, ce texte ne donne pas à l’ONU un rôle assez important dans la reconstruction du pays. Les représentants des 15 pays membres de l’ONU ont interrogé les Etats-Unis au sujet de ce projet de résolution présenté la semaine dernière. Ils ont également proposé quelques modifications après consultations avec leurs gouvernements respectifs, selon un responsable américain. Selon l’ambassadeur américain, aucune autre réunion n’est prévue pour le moment. « Nous devons maintenant observer une petite pause pour que tout le monde digère ce qui a été dit et voit comment cela a affecté la réflexion », a déclaré John Negroponte, qui assure la présidence du conseil pour le mois d’octobre. Sur le terrain, la violence continue de faire des morts, des blessés et des dégâts matériels. Mardi, trois militaires américains et un interprète irakien ont été tués en Irak tandis que trois autres soldats étaient blessés dans deux attentats à la bombe sur une route. Ces deux embuscades portent à 91 le nombre de militaires américains ayant trouvé la mort dans des actions hostiles depuis que le président George W. Bush a annoncé la fin des opérations militaires majeures le 1er mai dernier. Au total, ce sont 320 militaires américains qui sont morts en Irak depuis le début de l’invasion le 20 mars 2003. En Irak, les Américains continuent de compter leurs morts. En Amérique, la popularité du Président Bush est en chute. Les sondages montrent que les Américains doutent de plus en plus sur la capacité de M. Bush à gérer les crises internationales. La semaine dernière, dans un sondage CBS-New York Times, 45 % des Américains disaient avoir confiance dans l’aptitude de M. Bush à gérer ces crises contre 50 % qui affirmaient ne pas lui faire confiance.

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