L’Irak dans la poudrière électorale

L’Irak dans la poudrière électorale

Pour leurs premières élections de l’après-Saddam Hussein, les Irakiens ont eu droit à un scrutin ensanglanté. Au moins 19 personnes ont péri dans de nombreux attentats et attaques suicides un peu partout dans le pays, Bagdad en tête.
Dans la capitale, un premier attentat suicide a eu lieu une heure après le début du scrutin et a tué une personne, outre le kamikaze, et blessé quatre autres. Un deuxième attentat suicide a tué neuf personnes outre le kamikaze, sept civils et deux policiers, et blessé douze personnes, alors qu’un troisième, commis à l’intérieur d’un bureau de vote, a tué deux policiers et blessé plusieurs autres. D’autre part, un attentat suicide a été commis devant la résidence du ministre de la Justice Malek Dohane al-Hassan, dans lequel un garde a été tué et quatre autres blessés. Le quartier chiite de Sadr City plus précisément, a été secoué par un obus qui a tué quatre personnes et blessé sept autres. Un autre, cette fois-ci à Balad, une localité au nord de Bagdad, a tué deux personnes et blessé quatre autres. La violence a également été enregistrée en province.
Ainsi, des explosions ont secoué Baaqouba, fief rebelle situé à 60 km au nord de la capitale, ainsi que Mossoul, au nord de Bagdad et Bassorah, capitale méridionale de l’Irak à forte majorité chiite. A Kirkouk, ville multiethnique du nord, des mortiers ont été tirés sur la base américaine, provoquant une alerte juste avant le début du scrutin.
Le scrutin de ce dimanche sera également celui qui a consacré cette séparation de plus en plus apparente entre sunnites et chiites dans ce pays arabe. Si les bureaux de vote dans les zones chiites dans le centre et le sud du pays ont été pris d’assaut par les électeurs, ainsi qu’au Kurdistan irakien, les électeurs sunnites n’étaient pas nombreux à voter ce dimanche matin. De nombreux bureaux de vote sont même restés fermés en ce jour de scrutin. Les sunnites ont ainsi répondu favorables à leur principale association religieuse qui a appelé au boycottage du scrutin et où la guérilla a menacé de mort ceux qui y participent. Taha Hussein, maire de Samarra, a estimé qu’il n’y aura pas d’élections dans sa ville où vit une forte communauté sunnite. « Je pense qu’en raison de la situation sécuritaire, il n’y aura pas d’élections », a-t-il déclaré à l’AFP. Et malgré ce boycott, le taux de participation communiqué par la Commission nationale électorale irakienne a fleuré les deux tiers. Ils étaient en effet 72% électeurs à avoir voté à 14h00 locales (11h00 GMT) aux élections législatives à l’échelon national. Lors d’une conférence de presse tenue dimanche même, les responsables ont fait état d’un taux égal ou supérieur à 90% des inscrits dans de nombreuses régions chiites. Une participation massive qui a poussé la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice à déclarer que les élections irakiennes se passaient « mieux que prévu ». « Nous assistons à l’expression de la liberté », a-t-elle ajouté dans des propos diffusés par le réseau ABC.
Il est à signaler que pour ces premières élections multipartites depuis 1953, quelque 14,2 millions d’électeurs peuvaient voter dans 5.159 bureaux, ouverts durant dix heures. 17.000 candidats et 223 listes étaient en lice pour trois scrutins. Le premier concerne l’élection des membres du Parlement national, soit 275 sièges chargé notamment de rédiger la Constitution. 111 listes et 7.761 candidats étaient en lice. Les Irakiens doivent également choisir les 41 membres de chacun des 17 conseils provinciaux et les 51 du Conseil de Bagdad et les Kurdes devront en outre choisir les 111 députés de leur Assemblée autonome. Treize listes sont en compétition.

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