L’Irak fait marche arrière

L’Irak a adressé tard lundi soir une lettre au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, pour lui signifier que Bagdad acceptait sans condition le retour des inspecteurs en désarmement des Nations Unies.
La Maison-Blanche a rejeté cette proposition, la qualifiant de «revirement tactique» qui ne modifierait pas le désir des Etats-Unis d’évincer Saddam Hussein. «Ce n’est pas une question d’inspection. Il s’agit du démantèlement des armes de destruction massive irakiennes et du respect par le régime irakien de toutes les autres résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU», a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan.
La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin estime qu’il faut «prendre Saddam Hussein au mot». «Les inspecteurs en désarmement doivent retourner en Irak et y travailler sans entrave (…) Si c’et rendu possible, cela montrerait à quel point la communauté internationale peut obtenir des résultats quand elle est unie», a dit le chef de la diplomatie française.
Dans la lettre adressée aux Nations Unies, Bagdad demande aux membres du Conseil de Sécurité de respecter «la souveraineté,l’intégrité territoriale et l’indépendance de l’Irak». «Le gouvernement de la république d’Irak a basé sa décision concernant le retour des inspecteurs sur le désir d’appliquer les résolutions du Conseil de Sécurité et de lever les soupçons selon lesquels l’Irak posséderait toujours des armes de destruction massive», peut-on lire dans la lettre. La Ligue arabe a joué un rôle clé dans cette issue. Le secrétaire général de l’ONU s’était entretenu lundi soir avec l’Egyptien Amr Moussa, son secrétaire général , une rencontre au terme de laquelle l’Irak a donné son accord pour le retour à Bagdad des inspecteurs en désarmement de l’ONU. «C’est une bonne nouvelle», avait commenté un peu plutôt Naji Sabri, chargé de remettre par écrit à Kofi Annan l’accord de Bagdad. Washington n’y voit qu’une tactique vouée à l’échec et s’est engagé à oeuvrer pour l’adoption d’une nouvelle résolution encadrant étroitement les obligations de Bagdad. La Russie a jugé, quant à elle, qu’une nouvelle résolution n’était pas nécessaire. George Bush s’est même engagé à provoquer «un changement de régime» en Irak et des responsables américains ont refusé d’écarter une action militaire, même en cas de reprise des inspections de l’ONU. Cette position est en totale contradiction avec l’attente de Bagdad qui précise que son initiative est une première étape vers «une solution globale»qui devrait inclure la levée des sanctions infligées par les Nations Unies à l’Irak à la suite de son invasion du Koweit en 1990.
«Nous sommes parvenus à écarter la menace d’un scénario militaire et à ramener le processus sur le terrain diplomatique », s’est félicité le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov.
Hans Blix, président exécutif de la Commission de surveillance, de vérification et d’inspection de l’ONU, a salué la nouvelle. «Nous sommes prêts pour des discussions immédiates à New York concernant l’organisation pratique de la reprise des inspection.
Comme il apparaît clairement dans les rapports de la commission au Conseil de Sécurité, nous sommes prêts pour de telles discussions depuis quelque temps déjà», a-t-il déclaré par la voix de son porte-parole Ewen Buchanan.
Dans le cadre du cessez-le-feu de la guerre du Golfe en1991, les inspecteurs doivent vérifier le démantèlement de tous les programmes irakiens en matière d’armements biologiques, chimiques et nucléaires, ainsi que de missiles à longue portée, avant toute suspension des sanctions.

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