L’Iran exclut de suspendre l’enrichissement, malgré l’offre de l’UE

Par ailleurs, Téhéran s’est dit prêt au dialogue avec les Etats-Unis, mais seulement s’il se tient sur "un pied d’égalité", a dit lundi le porte-parole du gouvernement Gholam Hossein Elham.

L’Iran va "poursuivre son chemin" dans son programme nucléaire, a affirmé  le porte-parole dans son point de presse hebdomadaire.

"Nous agissons dans le cadre des règles internationales et du TNP (Traité  de non-prolifération nucléaire)", a dit le porte-parole, en ajoutant que "dans ce cadre-là, nous continuons sur notre chemin pour obtenir le droit absolu de l’Iran" à la technologie nucléaire, a-t-il ajouté.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se retrouvent lundi à  Bruxelles pour discuter de "mesures incitatives" à proposer à Téhéran pour qu’il renonce à enrichir de l’uranium.

Mais dimanche encore, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait  affirmé que son pays refuserait toute offre de compromis sur son programme  nucléaire impliquant l’arrêt de ses "activités pacifiques", c’est-à-dire  l’enrichissement d’uranium.

Le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, n’en a pas moins  défendu l’offre européenne en préparation, à son arrivée lundi à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE.

"Cela va être un ensemble de mesures généreux, un ensemble audacieux qui portera sur des questions liées aux domaines nucléaire, économique et,  peut-être, si nécessaire, à la sécurité", a-t-il dit.

"Nous préparons un paquet qu’il leur sera difficile de refuser si, ce qu’ils veulent vraiment, est de l’énergie", a ajouté M. Solana.

De son côté, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean  Asselborn a estimé "que l’Iran va bouger".

"Je pense que les Iraniens vont s’apercevoir que les Européens sont  courageux et proposent une chose très importante, c’est une des dernières  chances pour résoudre le conflit d’un point de vue diplomatique", a-t-il  ajouté.

Mais les dirigeants iraniens n’ont eu de cesse de répéter, depuis qu’ils  ont lancé leurs travaux d’enrichissement d’uranium le 10 janvier, qu’ils ne cèderaient pas sur ce point.

Ils ont ignoré successivement une résolution en ce sens du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) le 4 février, et une déclaration présidentielle du Conseil de sécurité des Nations unies le 29 mars.

"Toute offre qui impliquera l’arrêt de nos activités nucléaires pacifiques  est sans valeur", avait averti dimanche le président iranien.

Evoquant la pression croissante des Occidentaux pour que l’Iran suspende notamment son enrichissement d’uranium, il s’était déclaré "surpris qu’un  groupe de gens (les Occidentaux) se réunissent en notre absence pour prendre  des décisions pour nous".

Téhéran a annoncé récemment avoir réussi à enrichir l’uranium à 4,8%, un niveau suffisant pour la fabrication du combustible pour les centrales  nucléaires civiles.

Les Occidentaux craignent que l’Iran poursuive l’enrichissement à un degré de concentration suffisant pour obtenir l’uranium hautement enrichi nécessaire  à une arme atomique.

S’agissant d’un éventuel dialogue avec les Etats-Unis, M. Elham a jugé que "les conditions pour un tel dialogue sont qu’il se déroule sur un pied  d’égalité, dans un climat exempt de domination et dans des conditions de justice et non d’impérialisme".

Mais comme l’a répété dimanche un conseiller du président américain George W. Bush pour la sécurité nationale, les Etats-Unis n’ont pas l’intention  d’engager des discussions directes avec Téhéran et estiment que l’Onu est le meilleur forum pour les mener.

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