L’Iran rejette l’intervention des pays étrangers

L’Iran a affirmé, lundi 10 août 2009, qu’il n’accepterait pas d’«intervention» étrangère dans ses affaires intérieures, après des critiques formulées par des pays occidentaux sur le procès des personnes arrêtées pour leur participation dans des manifestations post-électorales. Le procès se déroule conformément «aux lois internationales» et la réaction des pays occidentaux est «illégale et surprenante», a indiqué le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hassan Ghashghavi, cité par l’agence officielle Irna. «Nous résisterons fermement face à toute intervention étrangère», a-t-il ajouté. «Leur prise de position n’a rien à voir avec leurs responsabilités légales et représente une sorte de capitulation», a déclaré M. Ghashghavi.
Le procès d’une centaine de personnes s’est ouvert le 1er août devant le tribunal révolutionnaire qui les juge pour leur participation aux manifestations de protestation contre la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin. Parmi les accusés qui ont comparu samedi, figurait une jeune Française Clotilde Reiss, un employé local de l’ambassade britannique, Hossein Rassam, et une employée locale de l’ambassade de France, Nazak Afshar. Le ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, a exigé dimanche la libération de la Française arrêtée le 1er juillet affirmant qu’elle n’était «coupable de rien du tout». «Toutes ces accusations sont dénuées de fondement et ne tiennent pas, ce sont des allégations fallacieuses», a souligné le ministre dans un entretien accordé au journal français Le Parisien. Et de poursuivre : «on l’accuse d’avoir incité à manifester. Comme si une jeune Française de 23 ans pouvait inciter à des manifestations de millions de personnes. Ce n’est pas sérieux !». La présidence suédoise de l’UE, quant à elle, s’est élevée contre le procès de ces trois personnes et a demandé qu’elles soient «libérées rapidement».
«Ce sont des procès-spectacle. C’est un signe de faiblesse qui démontre que le pouvoir en Iran a peur de son propre peuple, peur que les faits soient dits», a estimé dimanche sur CNN la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton. «Cette Française est venue enseigner le français à l’université technique d’Ispahan. Elle a ensuite participé aux manifestations à Téhéran, elle a pris des photos et filmé des images. Cela n’a rien à avoir avec l’enseignement du français. Voulait-elle apprendre le français aux manifestants?», a déclaré le porte-parole iranien lundi lors de sa conférence de presse hebdomadaire. «Elle a envoyé 1.000 mails et photos des manifestations. Qu’est-ce que cela signifie? », a-t-il ajouté. Clotilde Reiss a déclaré avoir participé à des manifestations les 15 et 17 juin à Ispahan et indiqué qu’elle avait pris des photos et filmé des images. «Le procès montre que cette personne et les deux autres sont jugés conformément aux lois internationales L’accusée a un avocat et le procès est parfaitement légal», a ajouté le porte-parole. Il a ajouté que les déclarations de Hossein Rassam et Nazak Afshar soulignaient l’intervention des pays étrangers. «Ces déclarations faites par des Iraniens sont un exemple de l’intervention étrangère dans les affaires intérieures de l’Iran», a-t-il estimé. «Les confessions de Hossein Rassam au tribunal ont été faites alors qu’il avait été libéré. Personne ne peut donc dire qu’elles ont été livrées sous la pression », a-t-il ajouté. M. Rassam, accusé d’espionnage, a affirmé samedi, selon l’agence officielle Irna, que l’ambassade avait demandé à son personnel local d’être présent aux «émeutes» aux côtés de deux diplomates britanniques, expulsés en juin.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *