Lisbonne : L’Otan se dote d’un nouveau concept stratégique

Lisbonne : L’Otan se dote d’un nouveau concept stratégique

Sommet sous haute surveillance à Lisbonne. Durant trois jours, la capitale portugaise a déployé tout un arsenal sécuritaire pour accueillir les 28 membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Du 18 au 20 novembre, les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Alliance se sont réunis à Lisbonne pour adopter le nouveau concept stratégique de l’OTAN. Document cadre, qui est revu tous les dix ans, le concept stratégique vise à doter l’Alliance d’un dispositif qui lui permettra de faire face efficacement aux nouveaux défis de sécurité et d’orienter sa future évolution politique et militaire. «Nous, dirigeants politiques de l’OTAN, sommes déterminés à poursuivre la rénovation de notre Alliance pour qu’elle soit à même de relever les défis de sécurité du XXI ème siècle. Nous sommes fermement résolus à préserver son efficacité en tant qu’alliance politico-militaire qui a le mieux réussi au monde. Notre Alliance prospère comme une source d’espoir parce qu’elle se fonde sur les valeurs communes que sont la liberté individuelle, la démocratie, les droits de l’Homme et l’État de droit, et parce que notre objectif commun -essentiel et immuable- est de sauvegarder la liberté et la sécurité de ses membres. Ces valeurs et ces objectifs sont universels et perpétuels, et nous sommes résolus à les défendre par notre unité, notre solidarité, notre force et notre détermination», souligne-t-on dans ce nouveau document de l’OTAN intitulé «Engagement actif, défense moderne». La nouvelle stratégie de l’Alliance prend en considération les nouvelles menaces pesant sur la sécurité et celles qui se profilent, en particulier depuis les attentats terroristes du 11 septembre. Dans ce document comportant 38 articles, l’Alliance a mis l’accent sur l’environnement de sécurité contemporain. Ainsi, elle annonce qu’elle continuera à remplir efficacement trois tâches fondamentales et essentielles (voir encadré). Le terrorisme reste le maître mot de ce document. Les dirigeants de l’Alliance se sont engagés à renforcer leur capacité à détecter le terrorisme international et à s’en défendre. Et ce grâce à une analyse plus poussée de la menace terroriste et un développement de capacités militaires appropriées, notamment pour aider les forces locales à s’entraîner à lutter elles-mêmes contre le terrorisme. «Le terrorisme est une menace directe pour la sécurité des citoyens des pays de l’OTAN et, plus largement, pour la stabilité et la prospérité internationale. Des groupes extrémistes continuent de se propager, ou de se développer, dans des régions d’importance stratégique pour l’Alliance, et la technologie moderne accroît la menace et l’impact potentiel d’une attaque terroriste, notamment si ces groupes devaient acquérir des capacités nucléaires, chimiques, biologiques ou radiologiques », alertent les dirigeants de l’OTAN. L’autre point important de ce nouveau concept est relatif à la défense et la dissuasion. L’OTAN souligne qu’elle veillera à disposer de tout l’éventail des capacités nécessaires pour assurer la dissuasion et la défense contre toute menace pesant sur la sécurité et la sûreté de ses populations. Cela à travers le maintien d’une combinaison appropriée de forces nucléaires et conventionnelles en plus du développement de nouvelles forces robustes et mobiles. C’est le cas notamment du projet de bouclier antimissile qui a été approuvé par les dirigeants de l’OTAN. Proposé par les États-Unis, ce dispositif comprendra des missiles intercepteurs américains déployés en Europe sur des navires et sur terre. Un projet qui n’enthousiasme guère les Russes qui ont été solennellement invités à participer à la mise en place de ce dispositif. «Nous développerons notre capacité à protéger nos populations et nos territoires contre une attaque de missiles balistiques, en tant qu’un des éléments centraux de notre défense collective, qui contribue à la sécurité, indivisible, de l’Alliance. Nous rechercherons activement une coopération avec la Russie et d’autres partenaires euro-atlantiques dans le domaine de la défense antimissile», précise l’OTAN dans son document stratégique pour les dix années à venir. Les cyberattaques ont été également au menu de cette rencontre. Les dirigeants de l’Alliance ont indiqué qu’ils continuerons à développer leur capacité à les prévenir et à les détecter, en plaçant tous les organismes de l’OTAN sous une protection centralisée et en intégrant mieux les fonctions de veille, d’alerte et de réponse de l’OTAN avec celles des pays membres. De l’aveu même des dirigeants de l’OTAN, les cyberattaques sont mieux organisées, causent des dommages très coûteux et risquent d’atteindre un seuil pouvant menacer la prospérité, la sécurité et la stabilité des États et de la zone euro-atlantique. Avant de clôturer les travaux de ce sommet, l’OTAN a tenu à préciser que ses portes restent ouvertes : «La porte de l’OTAN reste grande ouverte à toutes les démocraties européennes qui partagent les valeurs de notre Alliance, qui sont désireuses et capables d’assumer les responsabilités et obligations liées au statut de membre et dont l’adhésion peut contribuer à la sécurité et à la stabilité communes».


Les trois missions fondamentales de l’OTAN
1- La défense collective. Les membres de l’Alliance se prêteront toujours assistance mutuelle contre une attaque. Cet engagement reste ferme et contraignant. L’OTAN prendra des mesures de dissuasion et de défense contre toute menace d’agression et contre tout défi sécuritaire émergent qui compromettrait la sécurité fondamentale d’un ou de plusieurs alliés ou encore l’Alliance toute entière. 2- La gestion de crise. L’OTAN dispose d’un éventail unique et puissant de capacités politiques et militaires pour agir sur la gamme complète des crises, que ce soit avant, pendant ou après un conflit. Elle mettra activement en œuvre un ensemble approprié de ces outils politiques et militaires pour contribuer à gérer des crises naissantes susceptibles de porter atteinte à la sécurité de l’Alliance avant qu’elles ne dégénèrent en conflits. 3- La sécurité coopérative. L’Alliance s’emploiera activement à renforcer la sécurité internationale, en engageant un partenariat avec les pays et les organisations internationales appropriés, en contribuant activement à la maîtrise des armements, à la non-prolifération et au désarmement.

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