Londres : L’enquête piétine

Londres : L’enquête piétine

Quatre jours se sont écoulés après les attentats qui ont secoué le cœur de Londres et toujours pas d’arrestations. L’enquête britannique avance certes mais en toute discrétion. Au niveau de Scotland Yard, le black-out complet. Aucune information confirmant une piste précise ne fut divulguée. Face à la discrétion imposée par Londres, les spéculations continuent à alimenter la presse britannique. Après les accusations portées contre le Marocain
El Guerbouzi, plusieurs journaux britanniques ont rapporté que les soupçons se portent à présent sur un Syrien. Ce dernier est considéré comme le cerveau des explosions de Madrid en mars 2004 et le chef opérationnel d’Al-Qaïda en Europe. Le "Sunday Times", le "Sunday Telegraph" et le "Mail on Sunday" rapportent que selon des enquêteurs ayant requis l’anonymat, Mustafa Setmarian Nasar, également connu sous le nom d’Abou Moussab al-Souri, est soupçonné d’être directement impliqué dans les attentats.
Selon l’hebdomadaire britannique "The Sunday Telegraph", les enquêteurs du MI5 (services secrets britanniques) seraient en train de privilégier la thèse selon laquelle les attentats seraient l’œuvre d’une cellule islamiste étrangère. Des responsables gouvernementaux, cités par le journal, ont indiqué que ces attentats ont été perpétrés par un groupe très restreint de personnes qui seraient entrées durant les derniers six mois en Grande-Bretagne en provenance de l’Europe ou de l’Afrique du Nord avec des faux passeports.
Par ailleurs, les autorités de la Pologne avaient annoncé avoir perquisitionné des locaux polonais appartenant à un Britannique d’origine pakistanaise, en lien avec les attentats de Londres. L’homme, dont le nom n’a pas été révélé, n’a pas encore été arrêté.
Des responsables de la sécurité de cette ville de l’est de la Pologne ont procédé à cette perquisition sur information, a déclaré Agata Studenny, une porte-parole de l’Agence de sécurité intérieure. Elle a précisé que l’homme a été mis en garde-à-vue.
Vu le caractère sensible de la perquisition, Studenny a refusé de dire s’il s’agissait d’un domicile, d’un bureau ou d’un autre type de propriété. Cependant, elle a souligné que l’information transmise à la sécurité polonaise avait été prise très au sérieux. «En lien avec une information donnée par un habitant de Lublin qui a suggéré que cette personne pourrait avoir un lien avec les attentats de Londres, nous avons entrepris plusieurs actions dont la perquisition de ces locaux», avait–t-elle affirmé.
Sans donner plus de détails, Agata Studenny a ajouté que l’homme n’a pas été interpellé et il reste à Lublin. Du côté de Londres, l’enquête s’avère être très difficile. Surtout que l’accès aux lieux de drames continue à poser problème. En effet, les experts se sont confrontés à des conditions extrêmement pénibles. Dans les tunnels de métro où les explosions ont eu lieu, la chaleur frôle les soixante degrés C°, la poussière rend la visibilité-zéro et les rats envahissent les lieux. Bref, un véritable enfer sous terre.
Pour faire avancer les investigations, aucune piste ne fut écartée. La police britannique a ainsi lancé un appel à ses concitoyens en possession d’images prises sur les lieux des attentats. Toute image ou vidéo pourrait constituer un indice. 
Le commissaire Brian Paddick a expliqué que le public peut jouer un rôle important dans l’enquête en transmettant par courrier électronique les photos et vidéos prises sur les lieux du drame à l’aide de téléphones portables ou d’appareils photo numériques. «Nous pensons que ces images peuvent contenir des informations essentielles pour l’enquête», a insisté le commissaire. La police a demandé aussi aux opérateurs de télécommunications et aux fournisseurs d’accès Internet de conserver l’ensemble des communications passées jeudi dernier. Une mesure qui permettra d’éviter la disparition de données pouvant être importantes pour l’enquête. L’objectif est donc de conserver une trace du contenu des messages laissés sur répondeur ou des courriers électroniques qui normalement disparaissent dès qu’ils ont été écoutés ou téléchargés par les utilisateurs de boîtes vocales et de boîtes aux lettres électroniques.

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