Londres : L’enquête se poursuit

Londres : L’enquête se poursuit

Bien que l’enquête sur les attentats de Londres eût permis d’identifier les auteurs, les Britanniques sont loin de classer l’affaire. Au contraire, les investigations ne font que commencer afin de rassembler toutes les pièces du puzzle. En effet, les indices sont là, reste à les ficeler. Maintenant que les enquêteurs ont déterminé les origines des auteurs de l’attentat, il serait indispensable de connaître leurs histoires. Ceci permettra de lever le mystère qui entoure ces jeunes gens au passé inconnu.
La photo prise par une caméra de surveillance et rendue publique par Scotland Yard montre les quatre hommes à la gare de Luton le matin des attentats. Ils portaient tous ce qui ressemble à un gros sac à dos. Une pièce à conviction que le Scotland Yard ne s’est pas pressé d’en tirer des conclusions.
Pour obtenir plus de renseignements, Peter Clarke, chef de la branche antiterroriste de Scotland Yard, a de nouveau lancé samedi un appel aux témoins.
«Avez-vous vu ces hommes voyageant ensemble entre Luton et King’s Cross le 7 juillet ? Avez-vous vu ces hommes ensemble dans les jours précédant les attaques ? Avez-vous la moindre information sur l’un de ces quatre hommes?», s’est-il interrogé.
Autre pièce importante du puzzle que les Britanniques sont déterminés à trouver, il s’agit du lien entre ces hommes et le réseau d’Al-Qaïda. Pour cela, ils ont orienté l’enquête ces derniers jours vers le Pakistan et l’Egypte.
Selon l’AFP, deux hauts responsables de la sécurité à Islamabad auraient indiqué samedi que trois des hommes avaient séjourné dans le Pakistan l’an dernier. Les responsables pakistanais avaient jugé "possible" que les suspects aient pu avoir des contacts avec un groupe dirigé par Abu Faraj al-liby. Cet homme, capturé en mai, est considéré comme le numéro trois de la nébuleuse Al-Qaïda.
Mohammed Sidique Khan et Shahzad Tanweer sont venus au Pakistan ensemble en novembre 2004 pour trois mois, ont précisé ces responsables sous couvert d’anonymat. Hasib Hussain est venu séparément l’an dernier, ont-ils ajouté.
Par ailleurs, six hommes soupçonnés d’être liés à Shehzad Tanweer furent arrêtés ces derniers jours au Pakistan. Le directeur de la madrassa (école religieuse) de Lahore, dans l’est du Pakistan, a cependant nié l’avoir reçu en 2004. «Personne de ce nom ne nous a rendu visite et nous n’avons jamais entendu parler de lui», a déclaré Asadullah Farouk lors d’une conférence de presse. Il avait démenti ainsi les informations des services de renseignement pakistanais. Les forces de sécurité ont interrogé samedi pendant plusieurs heures le personnel et les étudiants de sa madrassa.
«Nous avons arrêté d’accueillir des étudiants étrangers après le 11-septembre», a poursuivi le directeur de cet établissement proche de Jaish-e-Mohammad (l’armée de Mahomet), organisation liée à Al Qaïda.
Un responsable du renseignement a annoncé dans la matinée l’arrestation de deux hommes à Lahore. Cette arrestation est survenue quelques heures après l’interpellation à Osman de quatre autres personnes dans le cadre de cette même enquête. En Egypte, les autorités détenaient samedi soir un Egyptien, docteur en chimie.
Cet homme avait étudié cinq ans à l’université de Leeds, ville du nord de l’Angleterre d’où étaient partis trois des terroristes.
Cependant, Habib Al-Adly, ministre égyptien de l’Intérieur, a affirmé que Magdi Mahmoud Moustafa Nashar, 33 ans, n’avait "aucun lien avec le réseau Al-Qaïda". Le ministre a estimé que les "informations publiées par les médias à ce sujet étaient sans aucun fondement".
L’enquête se serre, l’intrigue se complique et les Britanniques sont décidés d’aller jusqu’au bout. Qui sont réellement ces jeunes ? Qui se cache derrière eux ? Sont-ils liés de près ou de loin au réseau d’Al-Qaïda ? C’est à ces questions et bien d’autres que les enquêteurs britanniques devront trouver les réponses. Leur mission devient de plus en plus difficile vu que l’enquête est devenue désormais internationale.

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