L’ONU célèbre ses 60 ans à San Francisco, Bush et Rice boudent les cérémonies

Parmi les anciens dirigeants internationaux attendus dans la ville nord-californienne figurent l’ancienne présidente irlandaise Mary Robinson et l’ancien président mexicain Ernesto Zedillo, ainsi que les ex-Premiers ministres canadien Kim Campbell, français Michel Rocard et Jordanien Abdessalam Majali.

 En revanche, le président américain George W. Bush et sa secrétaire d’Etat Condoleezza Rice ont décliné l’invitation; la délégation des Etats-Unis sera dirigée par Sichan Siv, représentant de son pays au Conseil économique et social de l’Onu.

 "C’est une grande déception pour nous", a déclaré à l’AFP Nancy Peterson, présidente de l’Association des Nations unies de San Francisco.

 "Nous espérions un niveau de représentation plus élevé de la part de notre pays à l’occasion de cette fête importante et nous avions invité le président Bush et la secrétaire Rice en temps et en heure. Nous avons l’impression que l’on nous bat froid", a-t-elle ajouté.

 Lundi, les sénateurs démocrates ont bloqué la nomination de John Bolton, un conservateur choisi par M. Bush comme ambassadeur des Etats-Unis à l’Onu mais qui n’a pas ménagé ses critiques envers l’organisation dans le passé.

 Washington pousse avec insistance l’Onu à se réformer. L’institution avait refusé de soutenir l’offensive de la coalition américano-britannique contre l’Irak au printemps 2003.

 "Beaucoup de gens ont le sentiment que l’Onu est la cible d’une attaque, non du monde mais des Etats-Unis", a déclaré à l’AFP Gillian Sorenson, membre de la Fondation de l’Onu et ancien secrétaire général adjoint.

 "Il existe une importante dispute, mais nous devons regarder vers l’avenir, au-delà de la prochaine élection (américaine) et à l’extérieur de nos frontières, a-t-elle indiqué, ajoutant que les Etats-Unis devaient comprendre qu’une Onu forte était très importante pour eux.

 "Il y a une certaine ironie à tenir cette réunion ici, mais c’est le pays de naissance" des Nations unies, a-t-elle encore dit.

 L’organisation de la fête du 60e anniversaire constitue un "message ardent montrant que San Francisco et le peuple américain soutiennent l’Onu et que nous pensons que (l’organisation) est importante", a indiqué Mme Peterson.

 Le 26 juin 1945, à l’issue de deux mois de travaux et alors que la Seconde Guerre mondiale faisait toujours rage dans le Pacifique, la charte des Nations unies était signée par les représentants des 50 pays fondateurs à San Francisco, avant d’être ratifiée le 24 octobre suivant.

 Pendant deux jours, la ville sera le théâtre de célébrations rappelant les circonstances de l’élaboration du texte ayant posé les bases de l’organisation internationale, et de réunions de réflexion sur son avenir.

 L’association a réuni quelque 480.000 dollars de donateurs pour financer une série de manifestations qui culmineront dimanche avec une cérémonie mêlant discours, musique et art dans une cathédrale.

 Si le secrétaire général de l’organisation Kofi Annan ne sera pas présent en personne, l’assistance verra un message vidéo enregistré dans lequel il évoquera l’histoire de l’Onu et les défis qui attendent l’organisation dans les années à venir.

 Les célébrations inclueront aussi des reconstitutions historiques de la signature de la charte, avec des volontaires de la Croix-Rouge costumées en infirmières de la Seconde Guerre mondiale, et des vendeurs de journaux proposant des fac-similés de l’édition du San Francisco Chronicle annonçant la signature de la charte.

PAR GLENN CHAPMAN
AFP

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