L’ONU et l’Irak discutent de la reprise des inspections

L’ONU et l’Irak ont entamé hier des discussions techniques concernant la reprise des inspections sur le désarmement, au cours desquels Baghdad ne peut pas se permettre la moindre erreur pour éviter la guerre. Hans Blix, chef des inspecteurs en désarmement de l’ONU, et Amer Al-Saadi, conseiller du président irakien Saddam Hussein, ont entamé à Vienne des discussions sur les modalités techniques du retour des inspecteurs en Irak après quatre ans d’absence.
Le but des négociations est de prévenir « tout incident en Irak une fois que les inspecteurs auront commencé, si elles commencent », a déclaré M. Blix. Menacé d’une frappe américaine, l’Irak a annoncé qu’il acceptait le retour sans condition des inspecteurs, après quatre ans d’absence. Comme on lui demandait si certains sites seraient comme en 1998 interdits aux inspecteurs, M. Blix a répondu: « je n’en connais aucun ».
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit débattre d’une résolution qui recadrera la mission des inspecteurs, pour éviter les obstacles qu’ils ont rencontré depuis leurs premières visites en1991. Si les discussions achoppent à Vienne, l’Irak serait inévitablement accusé de poser des conditions et s’exposerait aux représailles des Etats-Unis.
Dominique de Villepin, ministre français des affaires étrangères affirme que Parus «partage la volonté» de Washington de résoudre la crise irakienne mais se refuse à «brûler les étapes et à donner «un blanc-seing» à une action militaire contre Bagdad. «La France partage la volonté des Etats-Unis de résoudre une crise qui nous menace tous. Mais elle refuse le risque d’une intervention qui ne prendrait pas pleinement en compte toutes les exigences de la sécurité collective», souligne le ministre français.
Prenant pour exemple la détermination de la communauté internationale après les attentats du 11 septembre au Etats-Unis, Dominique de Villepin appelle à «renouveler cette unité autour d’une volonté commune» concernant l’Irak., à savoir «la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive. «Telle est bien la priorité. La France n’a aucune complaisance à l’égard de Baghdad, mais une action qui se donnerait pour but un changement de régime est contraire aux règles du droit international et ouvrirait la porte à toutes les dérives», lance-t-il à l’adresse de Washington.
«Le danger que représente l’Irak concerne tous les peuples, en premier lieu ceux du Proche-Orient. C’est avec eux que nous pourrons trouver une solution durable. Ces pays ont fait savoir qu’ils soutiendraient une action décidée par les Nations Unies. A nous d’entendre ce message», ajoute-t-il, avant de conclure que « si le désarmement irakien constitue un impératif, il doit s’effectuer dans des conditions qui renforcent l’ordre international, sans ajouter de nouveaux facteurs de désordre à une région qui n’en compte déjà que trop ».

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