L’opposition veut un envoyé de l’UA pour seconder Mbeki

«C’est un moment historique pour les dirigeants africains», a déclaré George Sibotshiwe, un porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), interrogé par la radio publique sud-africaine SAFM avant l’ouverture du sommet de l’UA à Charm-el-Cheik. «Nous attendons simplement qu’ils reconnaissent que les élections du 27 juin étaient une imposture et qu’ils nomment un envoyé spécial pour assister le président Mbeki», a-t-il ajouté. Ensemble les deux hommes pourront «assurer une médiation permanente entre nous et la Zanu-PF», l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique, au pouvoir, a souhaité M. Sibotshiwe, membre de la délégation du MDC en Egypte.
Dimanche, le président sortant Robert Mugabe a été proclamé vainqueur d’un simulacre de présidentielle où il était seul en lice après le retrait du leader du MDC découragé par la répression. M. Mugabe a immédiatement été investi et s’est ensuite envolé pour l’Egypte. En mars 2007, la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) avait chargé le président Mbeki, qui a toujours prôné une « diplomatie discrète » chez son voisin, d’une mission de médiation au Zimbabwe.
Le MDC l’a souvent accusé de complaisance et a demandé à plusieurs reprises sa révocation. «Nous sommes mécontents du rôle joué par le président Mbeki, mais les pays de la SADC le considère toujours comme le médiateur. Nous sommes prêts à trouver un compromis avec un médiateur de la SADC soutenu par un envoyé permanent de l’UA», a précisé M. Sibotshiwe. Selon lui, «la crise s’est tellement aggravée qu’elle dépasse désormais la SADC et nécessite la participation de l’UA». Le second tour de la présidentielle, vendredi, avait été précédé d’une vague de violences politiques et le scrutin a lui-même été marqué par des intimidations généralisées. Les observateurs d’Afrique australe et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon ont dénoncé un scrutin qui «ne reflète pas la volonté du peuple».
L’Afrique a jusqu’à présent observé un silence gêné, bien qu’elle soit pressée de toutes parts de rejeter l’élection.

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