Lutte anti-terrorisme : L’UA veut relever le défi

La date de l’ouverture du Sommet réunissant les responsables des Etats membres du l’Union africaine avait volontairement été fixée à mercredi, en hommage au premier anniversaire des attentats du 11 septembre. Une journée symbole qui devait illustrer la volonté de l’instance panafricaine à s’engager dans la lutte contre le terrorisme. Cette réunion, la première depuis la création effective de l’UA en juillet à Durban (Afrique du Sud), porte en effet sur la question de la prévention et de la lutte anti-terroriste à l’échelon du continent. L’hôte de cette conférence, Abdelaziz Bouteflika, a estimé mercredi que cette lutte constituait une «guerre qui engage l’ensemble de la communauté internationale». «Personne ne met en doute que le terrorisme n’est rien d’autre qu’une entreprise criminelle que l’on ne saurait ni légitimer ni tolérer», a-t-il ajouté.
Le chef d’Etat algérien a dénoncé «la permissivité des législations, le laxisme vis-à-vis de certaines organisations criminelles et les brèches d’une mondialisation débridée » qui facilitent la liberté d’action pour les terroristes. L’un «des défis majeurs du XXIème siècle» est d’organiser une «réponse internationale » à «l’internationale terroriste», a renchéri le président. Un défi qui revêt une importance de taille pour une Afrique particulièrement démunie en la matière. Dans un message adressé aux participants, le secrétaire d’Etat américain a d’ailleurs rappelé que «beaucoup avait été réalisé et (que) beaucoup restait à faire».
Colin Powell a aussi souligné que l’Union africaine pouvait «apporter une contribution majeure à la lutte contre ce fléau mondial en adoptant des mesures concrètes pour des frontières sûres et des flux financiers transparents entre autres». Des recommandations qui rejoignaient celles du secrétaire général des Nations Unies. Kofi Annan a quant à lui insisté sur le nécessaire «renforcement de l’arsenal juridique» contre le terrorisme.
Dans son communiqué, le responsable onusien a rappelé que «cet effort dans la lutte globale contre le fléau terroriste dépend de l’engagement sans faille de tous les membres de la communauté internationale, et qu’il devra se poursuivre dans le strict respect des droits de l’homme». Autre domaine dans lequel il reste beaucoup à faire sur le continent… Placée en tête des préoccupations de l’UA, la lutte contre le terrorisme constitue certes une urgence pour l’Afrique. L’Algérie subit quotidiennement les tueries et les massacres perpétrés par des islamistes armés. Violences qui ont fait 120.000 morts, selon le Département d’Etat américain, depuis 1992. Et elle n’est pas la seule. La montée de l’islamisme radical et violent a aussi été manifeste en Egypte, en Tunisie, au Kenya, au Soudan ou encore au Nigeria. Avec l’aide de plusieurs partenaires invités – dont l’ONU, l’Union européenne, Interpol, l’OTAN, la commission antiterroriste du Conseil de sécurité, la Turquie, la Chine et les Etats-Unis – les 160 délégués réunis à Alger devaient tenter de définir une stratégie et parvenir à un plan d’action commun. Un document de travail propose déjà «un cadre pour l’élaboration d’un agenda africain pour la lutte contre le terrorisme» sur la base de la convention de l’OUA, l’ancêtre de l’UA, signée à Alger en juillet 1999.
Les pays africains pourront-ils rattraper leur retard, sachant que peu d’entre eux sont aujourd’hui capables de lutter seuls contre le terrorisme ? Seront-ils capables de mettre en place des mesures concernant la coopération «judiciaire, douanière, l’échange d’informations, le contrôle des frontières, le financement du terrorisme et ses réseaux de soutien, les mouvements illicites des biens et des personnes», comme annoncé par le ministre délégué chargé des affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel ? L’issue de ce sommet présagera en tout cas déjà la capacité de l’instance panafricaine à se construire.

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