Madagascar : Ravalomanana officiellement investi président

Outre plusieurs représentants de la communauté internationale, quelque 100.000 personnes s’étaient progressivement rassemblées dans le stade de la capitale malgache et aux environs pour assister à la cérémonie d’investiture. Toutefois, Didier Ratsiraka, le président sortant, ne reconnaît pas la victoire de son rival, et maintient le blocus de la capitale malgache. Il a même accusé son adversaire de vouloir perpétrer un « coup d’Etat» en se faisant investir.
Face à cette situation de blocage, qui paralyse l’île depuis janvier, un « nouveau tête-à-tête » entre les deux rivaux malgaches doit se tenir les 13 et 14 ma à Dakar, la capitale sénégalaise, où ils avaient signé un accord de réconciliation, le 18 avril. « Je ne suis pas au courant » de cette rencontre, a toutefois déclaré, lundi après-midi, M. Ravalomanana. « Pour le moment, nous attendons, nous allons en discuter. Mais s’il n’est pas invité en tant que président de la république, il n’ira pas », a précisé son conseiller diplomatique, Mamy Andriamasomanana. « Je me demande à quoi peut bien servir une telle rencontre, sauf s’il s’agit de négocier une sortie honorable pour l’amiral Ratsiraka », commenté l’ancien Premier ministre Norbert Ratsirahonaa, conseiller de M. Ravalomanana.
Dans son «discours à la nation », M. Ravalomanana a mis l’accent sur l’unité et la réconciliation : «je suis élu président de tous les Malgaches, même de ceux qui n’ont pas voté pour moi ». «Il n’y a qu’une nationalité et qu’une langue à Madagascar. Ceux qui veulent diviser la nation sont ceux qui s’en excluent », a-t-il ajouté dans une allusion aux quatre gouverneurs, proches du président sortant Didier Ratsiraka, qui ont proclamé l’indépendance de leur province.
Plusieurs bailleurs de fonds de l’île, dont la France, l’Union européenne et les Etats-Unis, étaient représentés par leur premier conseiller ou l’adjoint de leur ambassadeur, et non par l’ambassadeur, a-t-on remarqué. Des représentants des bailleurs de fonds ont indiqué qu’ils avaient reçu des instructions de leurs capitales respectives pour envoyer à la cérémonie « leur numéro deux et non leur numéro un », après l’annonce d’une nouvelle rencontre à Dakar entre les deux rivaux.

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