Madrid à la tête de l’UE

À Bruxelles, où s’est déroulée une cérémonie solennelle, l’Espagne a fait part de sa volonté, pendant sa présidence de l’UE, d’insister sur la lutte contre le terrorisme, mais aussi sur une meilleure coordination des politiques économiques de la zone euro. Rendant hommage à Jean Monnet, Robert Schuman et Konrad Adenauer, «créateurs du rêve européen», José Maria Aznar, le président du gouvernement espagnol, a rappelé qu’il reviendrait à son pays d’assurer la mise en circulation des billets et pièces de la monnaie unique européenne. Et de souligner que l’euro donne naissance à «un grand espace sans barrières où la concurrence et la coopération seront les moteurs du progrès commun, où les sociétés de mieux en mieux préparées et plus libres seront à la fois les protagonistes et les bénéficiaires de cette prospérité».
Romano Prodi, le président de la Commission européenne, a indiqué que l’année 2002 sera celle de l’élargissement. Peut-être jusqu’à dix pays candidats, a-t-il relevé, pourront achever d’ici un an leurs négociations d’adhésion à l’Union.
Au cours de la cérémonie de passation des pouvoirs, le Roi des Belges Albert II, son fils le Prince Philippe, et le Roi Juan Carlos d’Espagne étaient présents dans l’imposante salle du trône du château royal de Bruxelles où les autorités de Madrid et de Bruxelles ont insisté sur l’époque charnière que connaît actuellement la construction européenne. Quelques instants plus tard, précédé d’images célèbres des différents pays de l’Union, commençait sur un écran où figurait le logo de l’euro et le décompte des minutes vers le passage à la monnaie unique pour quelque 300 millions d’Européens. De source proche du Palais royal, on rappelait toutefois que plusieurs cérémonies et manifestations étaient déjà prévues lundi à l’occasion de l’arrivée de l’euro dans le portefeuille des Européens. Par ailleurs, et au-delà de l’euphorie factuelle, Madrid aura à gérer (comment ?) en sa qualité de juge et partie, la crise que traversent ses relations avec le Maroc. Deux mois après le rappel par Rabat de son ambassadeur à Madrid, l’année 2001 se termine, en effet, sur un nouveau différend entre les deux pays, portant sur les frontières maritimes entre l’archipel des Canaries et les côtes atlantiques marocaines. Le gouvernement marocain, déjà très irrité par l’attitude de Madrid sur la pêche, l’émigration clandestine et le Sahara marocain, avait réagi vivement jeudi dernier à un décret espagnol autorisant la prospection pétrolière au large des îles Canaries. Rabat avait rappelé à Madrid la nécessité de «respecter le droit international» à la suite d’informations sur la délivrance de permis de prospection pétrolière au large de l’archipel à la société espagnole Repsol. L’année s’annonce difficile.

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