Mahmoud Abbas exige des négociations…

Mahmoud Abbas exige des négociations…

La presse israélienne considère aujourd’hui que Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité palestinienne les déçoit. Des élections primaires, de son parti majoritaire, le Fatah, ont dû être annulées dans plusieurs circonscriptions de Cisjordanie. Et l’on parle, aujourd’hui, d’un report éventuel de la date des élections législatives palestiniennes fixées au 25 janvier 2006. Il est évident qu’un nouveau report marquera une violente réaction du Hamas à Gaza en particulier et provoquera, ainsi, une nouvelle victoire de l’extrême droite israélienne. Voire même du nouveau parti, Kadima, d’Ariel Sharon, soutenu par Shimon Peres. Ce parti, selon les plus récents sondages des grands quotidiens israéliens, obtiendrait 39 sièges, et, peut-être, 50 sièges, si l’on en croit les prétentions des proches de Sharon.
En réalité, Mahmoud Abbas, n’a pas déçu, c’est le dernier attentat suicide du Jihad Islamique, à la porte d’un centre commercial de la ville balnéaire de Netanya, qui a déçu l’opinion israélienne et les membres du gouvernement Sharon. Dans ce gouvernement, -en intérim «constitutionnellement», depuis jeudi 8 décembre-, jusqu’aux élections législatives fixées au 28 mars 2006, les 5 ministres du Likoud, toujours en poste, seraient heureux de marquer la faiblesse de Mahmoud Abbas (Abou Mazen).
Un spécialiste des relations avec les Palestiniens, l’analyste Zeev Shif du journal Haaretz, considère, pourtant, que 1’élection de Abou Mazen à la Présidence de l’Autorité palestinienne, après la mort du Président Yasser Arafat, «était un vent d’air frais pour tous ceux qui attendaient la reprise des négociations sans effusion de sang». Certes, Mahmoud Abbas est loin de soutenir les aspirations du sionisme modéré. Il est arrivé à la conclusion que le combat palestinien, pour l’indépendance, ne passait pas par le terrorisme, contrairement à la majorité des dirigeants du Fatah et des Chefs de l’Autorité palestinienne. Justement, le chef du gouvernement israélien, Ariel Sharon, a été critiqué pour son refus de rencontrer Mahmoud Abbas pour des négociations sérieuses. Mais, plus le temps passe et plus continuent les attentats-suicides et les tirs de fusées Kassam, après le désengagement de la Bande de Gaza, et plus se développe une nouvelle situation. Parallèlement, Mahmoud Abbas, pour les Israéliens, «ne fait aucun signe qu’il est disposé ou capable de prendre des mesures concrètes contre une organisation terroriste, comme le Jihad Islamique. Ni, à commencer la confiscation des armes, conformément à son engagement de la feuille de route, qu’il a accepté» (Zeev Shif). Pour Ariel Sharon, le leadership positif de Mahmoud Abbas, n’apporte pas suffisamment pour sortir des problèmes ses concitoyens, Pour d’autres, parmi ses partisans israéliens, il n’arrive pas à contribuer à la paix : il les a affaiblis. Il gaspille ou a gaspillé jusqu’ici, «l’opportunité historique qui se présentait à lui».
Il faut, pourtant, comprendre qu’il ne veuille pas déclencher une guerre civile ou s’y laisser entraîner. Mais, ses partisans, israéliens considèrent qu’il est difficile, pour eux, de comprendre son indifférence, face aux actions terroristes d’un petit mouvement comme le Jihad Islamique: Sinon sa condamnation de simple routine du terrorisme. Personne ne peut prétendre que Mahmoud Abbas contribue de cette manière à un certain désordre dans la société palestinienne, dans laquelle règnent, on le sait depuis longtemps, des bandes armées. Le succès de Mahmoud Abbas est, cependant, son soutien à l’initiative égyptienne d’une trêve, respectée par le Hamas. En effet, pour garantir la tenue des élections, le mois prochain, le Hamas est décidé à continuer à préserver la trêve. Allant même jusqu’à assurer qu’ils étaient prêts à prolonger d’un an le cessez-le-feu, afin de maintenir la date des élections, que le Fatah aurait souhaité retarder. Actuellement, Mahmoud Abbas se trouve face à une petite organisation terroriste, dirigée à partir de Damas, refusant de participer aux prochaines élections législatives palestiniennes. Afin de poursuivre la lutte contre Israël, à présent et dans l’avenir. Les proches de Sharon considèrent que Abou Mazen ne serait pas disposé à prendre le moindre risque, pour agir contre le Jihad Islamique, en disant «Par sa faiblesse. il est responsable, indirectement certes, des souffrances qui sont la conséquence des actions de violence». Sharon, au cours des derniers mois, a fait preuve, selon eux, de bien plus d’ouverture que dans le passé : retrait de Gaza et évacuation des colonies, ouverture du passage de Rafah sur la frontière avec l’Egypte et supervision d’inspecteurs européens. Après des débats internes, au cabinet de sécurité israélienne, ajoute-t-on, il a été décidé de mettre fin aux éliminations «ciblées». Un jour avant l’attentat-suicide de Netanya, -le quatrième attentat-suicide du Jihad depuis le début de la trêve, respectée par le Fatah et le Hamas-, l’armée israélienne (Tsahal) annonçait l’octroi de 6000 autorisations de travail supplémentaires. La réaction du Jihad et de ses bandes armées, a été de multiplier les tirs de fusée Kassam contre les villages israéliens du Nord du Neguev. Les tireurs n’appartiennent pas seulement au Jihad, dit-on, mais aussi aux Régiments d’Al Aqsa du Fatah. Pour le grand spécialiste Zeev Shif, Israël devrait «réagir avec détermination et fermeté».
Il admet, cependant, qu’il ne faut, ni leur faire baisser les bras, ni désespérer les Palestiniens. Et encore moins, approfondir la domination israélienne sur eux. Peut-être pensent-ils attendre un autre dirigeant, à nouveau, ou une autre direction qui sortira, peut-être encore, des prochaines élections. Cela est le droit et la responsabilité que savent assumer les Palestiniens. Il ne faudrait pas pour autant croire, au niveau des amis de Sharon, que seule une nouvelle initiatve unilatérale, – en dehors de toute négociation israélo–palestinienne-, serait susceptible d’alléger pour chacun, les problèmes sécuritaires ou politiques. Le nouveau chef du parti travailliste (Avoda) a, donc, fait une déclaration devant 25 ambassadeurs européens, réunis jeudi soir dernier, au domicile de l’ambassadeur de Grande-Bretagne : «La feuille de route est une recette pour l’immobilisme et le gel de la situation pour des décades. Alors que le temps presse, peut-être, a-t-il dit. La feuille de route n’est pas sacro-sainte. Elle n’est pas une étape indispensable vers la solution finale. Le problème est qu’elle donne lieu à des interprétations différentes. Pour ma part, insiste Amir Peretz, je n’admets pas la thèse selon laquelle, il n y a pas de partenaire… Cette version ne peut que perpétuer le conflit», a-t-il conclu. Pour l’analyste Yuval Kami, il ne s’agit pas de l’exposition d’un plan «bouclé », mais de souligner les différences avec celui de Sharon, car le plan détaillé des travaillistes sera, prochainement, exposé en public. Cela n’a pas empêché Amir Peretz, au cours d’un entretien avec l’analyste du journal Yediot Aharonot, vendredi dernier, d’exposer les grandes lignes de son plan et de son calendrier.’ «Je veux arriver à un accord avec les Palestiniens, le plus rapidement possible et, au maximum, dans quatre ans. Le calendrier prévoit la fin des négociations dans un an. Et je dois consacrer les trois années suivantes à l’application de l’accord. A savoir: la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël, basé sur deux principes : l’unité de Jérusalem négociée comme la négociation d’une solution au droit du retour». Pour Amir Peretz, aujourd’hui, le partenaire est bien Mahmoud Abbas (Abou Mazen)…

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