Martine Aubry estime que la voix de la France est affaiblie

Martine Aubry estime que la voix de la France est affaiblie

S’il n’y avait les fureurs des manifestations contre la réforme des régimes de retraites, il y a fort à parier que la sortie du Parti socialiste, notamment son conseil pour préparer la convention sur les questions internationales prévue le 8 octobre prochain aurait squatté les grands titres de l’actualité. Tant le constat qu’il fait sur le rôle et la portée de la voix de la France sont d’une grande sévérité. Tout y passe dans cette évaluation. La catastrophique gestion des expulsions des Roms qui a négativement distingué la France, l’engagement français en Afghanistan sous la houlette de l’Otan… Martine Aubry, qu’on a peu entendu dans le brouhaha des réponses à Nicolas Sarkozy sur les retraites, a tenu à faire connaître son évaluation de l’action et de l’image de la France. Elle en sort avec une conviction de marbre «La voix de la France est affaiblie». Ce jugement prend beaucoup de relief surtout après la campagne menée ces derniers temps contre l’action du ministère des Affaires étrangères, la personne devenue contestable et sur le départ de Bernard Kouchner. Il est vrai que les socialistes auraient pu dès le début miner l’action de Bernard Kouchner. N’était-il pas une grande valeur de la gauche qui avait préféré mettre sa compétence et sa notoriété au service de Nicolas Sarkozy au risque de donner des ulcères à ses anciennes amitiés ? Mais étrangement, les socialistes ont observé une remarquable abstinence à l’égard de Bernard Kouchner. Le mythe de l’ouverture que l’ancien champion du droit d’ingérence incarna fut démonté par les charges violentes et rancunières en provenance et de la majorité présidentielle, notamment Jean-François Copé et ses réseaux et de sa propre administration.
Aujourd’hui, si Martine Aubry et les socialistes décident de mettre le paquet sur les questions internationales et leur mauvaise gouvernance par Nicolas Sarkozy, d’inscrire sur leur agenda des propositions alternatives à l’actuelle politique étrangère menée par le président de la République, c’est moins pour enfoncer le dernier clou dans le cercueil de Bernard Kouchner que  pour prendre date avec la grande séquence internationale qui vient. En effet, Nicolas Sarkozy s’apprête à prendre, dès le 1er janvier 2011 la présidence du G20 et les rênes du G8. Et dans sa stratégie, il s’agit de profiter de cette opportunité pour tenter de redonner à sa stature, usée par les préoccupations domestiques, l’étoffe d’un grand président de la République, puisque leader international incontesté et apprécié. Cette période coïncide avec un moment crucial où toutes les écuries politiques finalisent leur candidat à la présidentielle. La plus-value de Nicolas Sarkozy sera celle de l’homme qui pense global en comparaison avec des candidats qui pensent local. Cette séquence est si indispensable à Nicolas Sarkozy que certaines langues trempées dans du fiel n’hésitent pas à affirmer qu’elle constitue sa dernière bouée de sauvetage pour espérer rebondir et se positionner pour 2012. L’opposition semble avoir saisi la véritable finalité de cet agenda et ses astuces et se prépare à ériger des contre-feux qui mineraient l’action du président de la République et l’empêcheraient de surfer efficacement sur l’international pour séduire et reconquérir le domestique.

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