Mauritanie : début de la campagne présidentielle

La campagne électorale pour la présidentielle mauritanienne du 11 mars prochain s’est ouverte samedi 24 février. Dix-neuf candidats sont en lice pour ce scrutin qui représente la dernière étape du processus du retour des civils au pouvoir après un coup d’Etat militaire en 2005.
Conformément à l’interdiction faite aux membres du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), le chef de l’Etat mauritanien, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, ne s’est pas présenté. 
Parmi les dix-neuf candidats, on retrouve Ahmed Ould Daddah, un ex-opposant et Saleh Ould Hannena, ancien dirigeant des "Cavaliers du changement" (ex-opposition armée). MM. Ould Daddah et Ould Hnnena sont tous deux membres de la Coalition des forces du changement démocratique (CFCD), l’ancienne opposition mauritanienne comptant au total cinq candidats qui vont se présenter en ordre dispersé.
Leur principal concurrent n’est autre que Sidi Ould Cheikh Abdellahi, de la coalition "Al-Mithaq" (La Charte, ex-majorité présidentielle). Bénéficiant d’un large soutien populaire, Cheikh Abdellahi est l’un des favoris pour cette présidentielle.
Le lancement de la campagne électorale s’est déroulé dans un climat calme et serein. En effet, les différents concurrents ont décidé de jouer l’apaisement, dans l’esprit d’une charte de bonne conduite mise en place d’un commun accord, après les accusations de parti-pris en faveur de Ould Cheikh Abdellahi, formulées par l’ex-opposition, contre le colonel Ould Mohamed Vall. «Les engagements de neutralité du CMJD seront respectés. Nous n’avons passé aucun marché ni avec un parti ni avec une personne», avait déclaré auparavant le président mauritanien.
Aujourd’hui, même l’ancien opposant Ould Daddah se dit convaincu de la bonne foi des membres du CMJD. « Il existe une volonté réelle de neutralité dans cette consultation de la part du président (Ely Ould Mohamed Vall), ceci est positif et essentiel pour sauvegarder le consensus qui existe dans le pays», a reconnu Ould Daddah à l’issue d’une récente rencontre avec le chef de l’Etat.
Quelque 400 observateurs nationaux et d’autres envoyés notamment par l’Union africaine (UA), la Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique (OCI) assureront le contrôle de la campagne ainsi que du scrutin. Comme pour les précédents scrutins législatif, municipal et sénatorial, l’élection présidentielle se fera avec un bulletin unique et de l’encre indélébile pour éviter toute tentative de fraude. Cette présidentielle constitue la dernière étape d’un processus de transition marqué par une série de scrutins depuis le coup d’Etat du 3 août 2005 qui a renversé le président Maaouiya Ould Taya qui vit depuis en exil au Qatar.

La junte au pouvoir appelle à la «maturité»

Le Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) qui a pris le pouvoir en 2005 en Mauritanie en s’engageant à le remettre au vainqueur de la présidentielle du 11 mars a appelé samedi 24 février les Mauritaniens à faire preuve de «maturité et de civisme». Dans un communiqué lu à la radio nationale, le Conseil «appelle tous les acteurs politiques et l’ensemble des forces vives de la Nation à faire preuve de maturité et de civisme pour la réussite du processus de transition démocratique dans un esprit de saine compétition et de cohésion nationale». La junte au pouvoir a aussi engagé le gouvernement de transition à «prendre toutes les mesures appropriées pour garantir l’impartialité totale de l’Etat et l’organisation d’un scrutin présidentiel régulier, transparent et juste».

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