Menaces sur les voies ferrées en France

Menaces sur les voies ferrées en France

Ce chantage à l’Etat, confirmé mercredi par le ministère de l’Intérieur, est sans précédent depuis vingt ans en France, et les responsables français ont tenté d’en contrôler la révélation pour éviter un affolement de la population. Selon des sources proches du dossier, une opération de remise de rançon a échoué lundi après-midi dans la région de Montargis (Loiret, centre) en raison d’une erreur de localisation de l’endroit où devait être déposé l’argent, selon les instructions du « groupe AZF ».
Suivant les exigences du groupe, l’argent devait être déposé, depuis un hélicoptère, sur une bâche disposée dans un pré dont les terroristes avaient précisé qu’elle se trouvait « à quelques kilomètres » d’un endroit précis. Mais ce n’est que le lendemain que l’endroit prévu par les terroristes à été localisé, car il se situait en réalité à près de 20 km de l’endroit annoncé. Les menaces du groupe AZF sont prises au sérieux par la police, après la découverte le 21 février dernier sur la ligne Paris-Toulouse (sud-ouest), près de Limoges (centre), sur les indications du groupe AZF, d’un engin de conception artisanale. Constituée d’une boîte en matière plastique remplie d’un mélange nitrate-fioul, avec un détonateur élaboré et un système dateur, l’engin a détruit un rail sous lequel elle était placée lorsque des artificiers l’ont fait exploser Le groupe AZF, qui s’est signalé pour la première fois le 14 décembre par lettre, a exigé dans d’autres lettres adressées à des responsables français la remise d’une somme de quatre millions de dollars et un million d’euros, pour indiquer la localisation de 10 autres bombes susceptibles d’exploser au passage de trains. Les missives ont été envoyées notamment à la Présidence de la République et au ministère de l’Intérieur. Les enquêteurs n’ont pas été en mesure d’identifier qui se cachait derrière le sigle AZF, identique à celui d’une usine de produits chimiques de Toulouse où une explosion a tué 30 personnes et fait 2000 blessés le 21 septembre 2001.
Depuis l’explosion, l’enquête a produit des milliers de pièces de procédures mais la justice ne peut encore dire pourquoi ce matin-là, 500 tonnes de nitrate d’ammonium ont explosé dans le hangar 221 de l’usine.
La police estime que le chantage exercé par le groupe AZF est de nature « terroriste » mais exclue pour le moment des liens avec les groupes islamistes dont des cellules existent en Europe. « Il est exact qu’un groupe se désignant du sigle AZF et se présentant comme un ‘groupe de pression à caractère terroriste l’a adressé plusieurs courriers réclamant une importante somme d’argent, en échange de la neutralisation de plusieurs bombes qu’il aurait déposées, notamment sous des voies de chemin de fer », a indiqué le ministère français de l’Intérieur. La justice a ouvert une instruction confiée notamment au juge antiterroristes Jean-Louis Bruguière.
L’enquête mobilise de nombreux services de police et de renseignement, la gendarmerie et les douanes. Le directeur général de la police, Michel Gaudin, a indiqué que la police avait eu un « contact téléphonique très, très bref » avec les maîtres chanteurs inconnus. Il a souligné que le gouvernement « souhaitait une certaine confidentialité pour conserver le contact avec ce groupe ». Le ministère de l’Intérieur a également indiqué que « pour d’évidentes questions de sécurité, (il avait) demandé aux organes de presse (…) de ne pas rendre publique cette information ». Toutefois, les autorités françaises ont décidé de l’évoquer après qu’un journal en eut fait état. En 1984, le « groupe M-5 », composé de deux jeunes hommes, arrêtés et condamnés ensuite, avait menacé de faire exploser des bombes déposées dans la région Rhône-Alpes (centre) pour obtenir une rançon de 30 millions de francs du gouvernement.

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