Mission difficile de Berlusconi auprès de Bush

Silvio Berlusconi devait d’abord faire étape mardi à New York pour un entretien avec Kofi Annan, et gagner ensuite Washington. En Irak, « la situation s’est sérieusement aggravée (…) et un changement radical s’impose afin que la situation n’échappe pas complètement à tout contrôle », a affirmé lundi le cardinal Camillo Ruini, président de la Conférence épiscopale italienne.
Le prélat se faisait l’écho de l’émotion et de l’inquiétude du pays après la mort d’un soldat italien de 23 ans, tué dimanche dans des affrontements à Nassiriyah, où sont cantonnés les 3.000 militaires du contingent italien. »Faites-les tous rentrer à la maison. Ce n’est pas juste de les laisser là-bas se faire tuer », a réclamé la mère du jeune militaire tué.
Silvio Berlusconi refuse pour l’instant d’envisager un retour des militaires italiens. Mais les événements se précipitent : quatre Italiens sont retenus comme otages depuis un mois, et l’un d’eux a été exécuté ; le monde a découvert, horrifié, que les soldats américains torturaient leurs prisonniers, comme le faisaient les sbires de Saddam Hussein, et le dirigeant chiite Moqtada al-Sadr, vient de déclarer la guerre sainte contre les militaires italiens. Berlusconi, qui se plaît à se proclamer le « meilleur allié de l’Amérique en Europe », va en effet devoir se montrer très prudent dans ses déclarations pour ne pas risquer de mettre en danger la vie de ses trois compatriotes retenus comme otages depuis un mois. Il va également devoir être critique, à la demande de ses alliés au gouvernement, préoccupés par les conséquences électorales d’un soutien trop affiché à la politique américaine après le choc des tortures pratiquées et filmées par des militaires américains. Les Italiens sont appelés le 13 juin à désigner leurs élus au Parlement européen et le scrutin a été couplé avec d’importantes élections locales.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *