Monrovia en état de siège

L’armée loyaliste aurait réussi jeudi à déloger des poches rebelles qui occupaient la zone portuaire de Monrovia depuis plusieurs jours. Les combattants du LURD – les Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie – auraient même été repoussés à 10 km de la capitale. C’est en tout cas ce qu’ont annoncé des officiers fidèles au président Taylor même si la confusion générale ne permet pas d’avoir une idée exacte de la situation sur le terrain. Une chose est sûre : mercredi, les combats ont atteint le centre de Monrovia. Des milliers d’habitants ont été pris en otages entre les deux camps qui avaient pourtant signé un cessez-le-feu le 17 juin au Ghana. Conditionné au départ du président libérien, cet accord n’avait réellement duré que quelques heures. Il a été réduit à néant par les propos tenus mardi par Charles Taylor, lequel a assuré qu’il écraserait la rebellion.
Déjà assiégée à plusieurs reprises lors des précédentes guerres civiles qui ont secoué le pays, la capitale libérienne craint désormais un véritable bain de sang. Dans les quartiers, y compris dans ceux où se trouvent les ambassades, des tirs de mortiers menacent une population livrée à elle-même. Mercredi, trois personnes ont ainsi été tuées lorsque des obus se sont écrasés sur un complexe américain. Si les Etats-Unis restent muets pour l’instant, certaines voix s’élèvent à l’ONU pour qu’elle prenne la tête d’une force multinationale d’interposition, comme c’est le cas actuellement pour la France en RDCongo.
Car outre les violences, une autre menace pèse sur Monrovia où sont rassemblés des milliers de réfugiés sans nourriture, sans eau et sans soins : la catastrophe humanitaire.

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