Mort d’un chef sanguinaire

Né en 1970 à Boufarik (où il a été abattu vendredi), Antar Zouabri est issu d’une famille nombreuse, dont plusieurs membres avaient milité au Front Islamique du Salut (FIS).
Dans les années 1990, il intègre le GIA, dont font alors partie son frère Ali, tué en 1993, et sa soeur Zohra, actuellement emprisonnée. Dès le départ, Antar Zouabri inspire la terreur dans les rangs mêmes du réseau, ce qui lui vaut la confiance de son prédécesseur Djamel Zitouni qui le place finalement à ses côtés pour assurer sa protection.
Barbare et cruel, il justifie par la suite sa logique de massacres de civils en qualifiant la population de «mécréante ».
A la tête du GIA à partir de juillet 1996, il élargit peu à peu ses actions terroristes en perpétrant dès 1997 les premiers grands massacres collectifs à Bentahla, Rais, Sidi Yourte et à Relizane. Son mot d’ordre est de faire le plus grand nombre possible de victimes et c’est dans cette logique qu’apparaît l’emploi systématique d’engins explosifs dans les lieux publics.
Chef sanguinaire, dont la tête est mise à prix à partir de mai 1997, Zouabri bénéficie cependant d’une autorité contestée au sein de son réseau et son influence ne s’étend qu’à une partie de l’Algérois. Sa montée en puissance entraîne même en 1998 la création d’un mouvement « dissident », le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), dirigé par un de ses anciens lieutenants Hassan Hattab.
Immédiatement après son intronisation, il jure pourtant « fidélité » à la ligne de son prédécesseur et décrète que l’Algérie est une « terre de djihad sur laquelle il n’y a pas de place pour les mécréants ». Il estime par ailleurs que le GIA doit être le seul porte-flambeau du djihad et que tous les autres mouvements islamistes doivent s’y plier sous peine de représailles. Actif surtout dans la plaine agricole de la Mitidja, il est tenu pour responsable d’une bonne partie des massacres qui ont ensanglanté et ensanglantent encore l’Algérie.

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