Moubarak fils sur les traces de son père

Gamal Moubarak, fils du président égyptien Hosni Moubarak, 40 ans, exerce de plus en plus une influence non négligeable dans le processus de décision politique en Egypte. Cependant, il ne devrait pas être nommé à un nouveau poste au cours du Congrès du Parti national démocrate (PND, au pouvoir), qui s’ouvre vendredi, selon des analystes. Mais le comité politique du PND à la tête duquel il a été nommé l’an dernier et qui est chargé de tracer l’orientation du parti « pourrait prendre un plus grand poids (…) et devenir progressivement plus important que le gouvernement », a déclaré à l’AFP l’opposant et analyste Magdy Qorqor. Le poste de Gamal Moubarak lui permet de tracer la politique du PND et de réviser les projets de lois avant qu’ils ne soient soumis à l’Assemblée nationale, où le PND dispose de 388 des 454 sièges. L’influence grandissante de Gamal, le fils cadet du président Moubarak, alimente les rumeurs -constamment démenties par les autorités- selon lesquelles il pourrait succéder un jour à son père, âgé de 75 ans, à l’instar de Bachar al-Assad qui a succédé à son père en Syrie en 2000. Mais, bien que le président Moubarak, au pouvoir depuis 1981, ait souvent souligné la nécessité de permettre à la jeune génération de prendre la relève, il ne devrait pas nommer son fils à un poste plus important au sein du parti cette année, estime M. Qorqor, vice-président du parti du Travail, une formation islamiste de l’opposition. La famille Moubarak avance « pas à pas », explique-t-il. « Ils ont pris le pouls de l’opinion publique régulièrement depuis plusieurs années, et jusqu’à présent ils ne sentent pas » que Gamal a été accepté comme successeur, ajoute-t-il. Des journaux d’opposition comme al-Arabi (nassérien) ont violemment critiqué le rôle croissant du fils du chef de l’Etat, par exemple ses visites à Washington et dans d’autres capitales étrangères. Pour Salama Ahmad Salama, un des principaux commentateurs du journal gouvernemental Al-Ahram, même si Gamal ne changeait pas de poste, au sein du parti, « des questions importantes pourraient être placées sous sa supervision ou son contrôle ». Gamal Moubarak, cité par l’agence égyptienne Mena, a affirmé que le congrès du PND allait adopter des résolutions au sujet de la politique monétaire et du taux de change afin de promouvoir la croissance économique. Le congrès, qui doit s’achever dimanche, devrait également tenter d’augmenter le niveau de participation politique, selon lui. « Le changement ne va peut-être pas aussi vite que le souhaitent certains, mais le processus de changement est en marche », a-t-il dit. Selon des sources du PND, Gamal Moubarak a nommé au cours de l’année écoulée au moins trois personnes de sa génération à la tête de comités au sein du parti, responsables notamment de tracer les orientations économiques et celles de l’information. Le comité politique présidé par Gamal a joué un rôle de premier plan dans la création d’un Conseil national pour les droits de l’Homme, décidé en juin, et l’abolition de la peine des travaux forcés à perpétuité, selon des sources du PND. Son désir de changement se heurte toutefois à la résistance de la veille garde, qui n’a cependant pris aucune initiative pour bloquer les changements, souligne-t-on de même source. Cependant, M. Salama se déclare sceptique quant à la volonté de changement lors du congrès. « Ils veulent garder les choses comme elles sont. C’est du vieux vin dans de nouvelles bouteilles », estime-t-il. Dans un éditorial en juillet, M. Salama avait accusé le PND de bloquer les réformes politiques et de plonger la vie politique « dans la confusion et l’incertitude ».

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