Moubarak reçoit Shalom à Genève

L’entretien Moubarak-Shalom traduit la volonté d’Israël de voir l’Egypte jouer un plus grand rôle dans la région. La veille, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution demandant à la Cour internationale de justice (CIJ) de se prononcer sur les conséquences légales de l’édification par Israël d’une ligne de sécurité en Cisjordanie. Cette résolution a été adoptée par 90 voix pour, 8 contre et 74 abstentions. La résolution demande à la CIJ de se prononcer sur « les conséquences légales de l’édification du mur qu’Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé». Cette construction avait déjà été qualifiée dans la résolution adoptée le 21 octobre dernier par 144 voix pour, 4 contre (États-Unis, Israël, îles Marshall et Micronésie), de « contraire aux dispositions pertinentes du droit international » et avait « exigé qu’Israël arrête et inverse les travaux ». En Israël, un activiste du mouvement radical Jihad islamique, Nour Jaber, a été condamné hier à 17 peines de prison à vie cumulatives par un tribunal militaire israélien, selon une source militaire. Il a été reconnu coupable d’avoir monté, il y a un an, deux attaques dans la région de Hébron, qui avaient causé la mort de 16 militaires et colons armés israéliens. Sur un autre plan, l’échec des pourparlers du Caire constitue un revers personnel pour le Premier ministre Ahmed Qorei qui avait fait de l’obtention d’une trêve des attaques anti-israéliennes sa priorité pour pouvoir relancer les négociations. C’est aussi un sérieux revers pour Le Caire et son rôle de médiateur dans le processus de paix. L’Autorité palestinienne s’est engagée quant à elle à continuer à oeuvrer à une trêve. Du côté du Hamas, un haut responsable a assuré que son mouvement « ne considère pas les résultats des pourparlers du Caire comme une fin en soi «. Nous pouvons confirmer que le dialogue va se poursuivre ». D’autre part, le président égyptien Hosni Moubarak a tenté hier de minimiser l’échec de ces consultations : « La réunion des organisations palestiniennes et leur dialogue sont eux-mêmes une bonne initiative », a-t-il soutenu. L’échec concernant une trêve est pourtant un revers pour la diplomatie égyptienne , a déclaré le directeur du Centre d’études sur le monde arabe et méditerranéen, à Genève. « L’Egypte s’est investie depuis un an, notamment par son chef des renseignements, pour arracher une trêve des groupes palestiniens, parce que c’est une condition pour normaliser les relations entre les gouvernements israélien et palestinien », explique-t-il. « Il faut toutefois relativiser cet échec dans la mesure où il reste encore une chance parvenir » à un accord entre les groupes palestiniens sur un arrêt des attaques anti-israéliennes ». Il faudra, selon lui « deux ou trois rounds » de négociations comme ceux du Caire. Il souligne en outre qu’il y a «un vide diplomatique» et que «seule l’Égypte est capable de combler», expliquant que «Le Caire a réussi à avoir la confiance des formations palestiniennes et du gouvernement palestinien comme pays médiateur ».

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