Mugabe vainqueur d’une élection contestée

Après 22 ans de pouvoir, Robert Mugabe a été réélu pour six ans avec 56,2 % des voix contre 41,9 % à son rival Tsvangirai. Annoncée par le responsable de l’organisation de l’élection, Tobaiwa Mudede, cette victoire a aussitôt été rejetée par le candidat de l’opposition MDC (Mouvement pour le changement démocratique), qui a dénoncé des fraudes massives.
«A partir de maintenant, des consultations intenses sont en cours» et la population « devra décider quoi faire », a-t-il déclaré à la presse, estimant que les Zimbabwéens avaient été « floués ». Depuis le premier jour du scrutin (du 9 au 11 mars), le MDC accuse d’ailleurs le pouvoir d’avoir cherché à freiner le vote dans les zones urbaines favorables à l’opposition en réduisant le nombre des bureaux de vote qui ont en revanche été multipliés dans les campagnes, soutiens traditionnels de M. Mugabe. Mardi, des observateurs indépendants citaient également des fraudes : bourrage d’urnes, intimidations et agressions contre des agents électoraux du MDC, augmentation inexpliquée du nombre de votants et de la participation dans les campagnes, et diminution du nombre des bureaux de vote dans les grandes villes partisanes du MDC. Par ailleurs, mercredi, des barrages ont été mis en place par la police sur tous les grands axes de la capitale, et les forces de défense et de sécurité placées en état d’alerte maximale…
Avant même l’annonce des résultats, la communauté internationale a pour sa part fait état de son scepticisme, et de ses craintes d’une explosion de violences. Ainsi, pour les Etats-Unis, « il est très clair que ce scrutin est gravement défaillant », comme déclaré par un porte-parole du département d’Etat, Frederick Jones. Côté norvégien, la chef de la mission d’observation Kare Vollan a affirmé que l’élection ne satisfaisait pas « aux critères-clés communément acceptés ».

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *