Nations Unies : Ban Ki-moon candidat à sa succession

Nations Unies : Ban Ki-moon candidat à sa succession

Candidat à sa propre succession à la tête de l’ONU, Ban Ki-moon, 66 ans, n’a pas le charisme de son prédecesseur Kofi Annan, mais ce bourreau de travail a retrouvé un certain lustre avec ses positions courageuses face au printemps arabe. L’ancien ministre sud-coréen des Affaires étrangères parcourt le monde sans relâche. «En voyage, c’est toujours le premier levé et le dernier couché», souligne un responsable de l’ONU. A New York, «il arrive à son bureau vers 07h30, en repart vers 20h00, mais souvent il travaille de chez lui le soir ou le week-end», dit-il. Son porte-parole, Martin Nesirky, doit se lever chaque matin à 04h30 pour lui préparer une revue de presse complète sur l’actualité du monde.
De grande taille mais d’allure frêle, la voix douce, Ban Ki-moon a derrière lui une carrière de 41 ans dans la diplomatie, dont quinze de missions liées aux Nations Unies. Il est arrivé à la tête de l’ONU le 1er janvier 2007, après la réforme destinée à rendre l’institution plus efficace, moins dispendieuse et plus transparente, thèmes qu’il a repris à son compte. Pendant son premier mandat, il s’est attaché à ne pas déplaire aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité: Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine et Russie. Ce sont eux qui vont d’ailleurs se prononcer sur son deuxième mandat avant un vote à l’Assemblée générale. Mais c’est des Etats-Unis qu’il est le plus proche, selon certains diplomates. Il a été un moment dans le collimateur des Russes pour avoir fermé les yeux sur l’indépendance du Kosovo en 2008, puis lors de la guerre éclair entre la Russie et la Géorgie, en août 2008. Il prend soin de ne jamais provoquer l’ire du géant chinois, évitant de critiquer son piètre bilan en matière de droits de l’Homme. Les principaux défauts qu’on lui prête sont son absence de charisme et un anglais largement perfectible, ainsi que son français. Il a nettement redoré son blason récemment aux yeux des défenseurs des droits de l’Homme, à la faveur des soulèvements dans les pays arabes, n’hésitant pas à user d’un langage tranché pour prendre le parti des rebelles et exhorter les despotes au dialogue et à l’ouverture.Il ne manque pas de courage. Il a diffusé fin avril un rapport accablant pour le Sri Lanka, accusé de possibles «crimes de guerre» lors de la répression de la rébellion tamoule, et a montré sa poigne face à l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo.
«Ban a pris de court ses détracteurs en démontrant qu’il pouvait tenir un discours énergique sur les droits de l’Homme et la protection des civils, notamment dans le monde arabe et en Côte d’Ivoire. En Côte d’Ivoire, son engagement a été déterminant pour la résolution du conflit», indique un diplomate occidental. «Bien que le premier mandat du secrétaire général ait souvent été décevant sur les droits de l’Homme, il a récemment trouvé sa voix en s’exprimant de manière plus vigoureuse sur l’Egypte, la Libye ou la Côte d’Ivoire», observe Philippe Bolopion, de l’association Human Rights Watch. «Une fois libéré des contraintes de sa réélection, il n’aura plus d’excuse pour refuser de s’opposer quand il le faut aux membres permanents du Conseil de sécurité», ajoute-t-il. Ban Ki-moon a embrassé la carrière de diplomate en 1970, après un diplôme à l’Université nationale de Séoul, qu’il complètera plus tard aux Etats-Unis à la prestigieuse Université Harvard. Il a commencé à travailler avec l’ONU en 1975 comme fonctionnaire à la division des Nations Unies du ministère sud-coréen des Affaires étrangères. Né le 13 juin 1944, il est marié et a un fils et deux filles.

  Pierre-Antoine Donnet (AFP)

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