Nicolas Sarkozy, héros malheureux de faits divers

Nicolas Sarkozy, héros malheureux de faits divers

Par ces temps turbulents, Nicolas Sarkozy ne déploie pas son énergie uniquement sur le front de la crise financière internationale à trouver des solutions pour refonder le capitalisme, ni sur le front social pour apaiser les angoisses des salariés et susciter les espoirs des chômeurs. Il trône aussi dans la rubrique des faits divers à travers une hallucinante mésaventure de poupée vaudou et une sombre histoire de piratage de compte bancaire de la famille présidentielle. Nicolas Sarkozy pourra toujours prétendre dans ses mémoires, avec un sentiment de fierté et de distinction et sans courir le risque d’être démenti, qu’il a été le premier président de la République à être débouté par un tribunal dans un procès d’atteinte à l’image. Ses prédécesseurs, dont ses avocats, revendiquent la jurisprudence, George Pompidou et Valéry Giscard D’Estaing, ont tous gagné leur procès. Le premier, en 1970, pour retirer une affiche publicitaire qui utilisait sa photo, le second, en 1976, pour retirer un jeu de cartes satirique intitulé «la Giscarte». Cela s’est passé lorsque le président de la République avait tenté de porter plainte et de faire interdire un livre vendu sur Internet depuis le 9 octobre, intitulé : «Nicolas Sarkozy, le manuel vaudou».
Particularité de ce livre satirique édité initialement à 20 000 exemplaires, est qu’il était accompagné d’une effigie de Nicolas Sarkozy. Les lecteurs sont invités, sur le rite de malédiction vaudou, à planter des aiguilles pour stigmatiser des faits et gestes du président de la république depuis le début de son quinquennat. Ainsi il s’agit de piquer symboliquement en montrant son opposition à des slogans clefs de l’ère Sarkozy comme «Casse-toi, pauv’con» lancé au Salon de l’agriculture, «Racaille», proférée au pied d’une cité chaude de banlieue, «Travailler plus pour gagner plus», slogan de la posture sarkozienne, «Immigration choisie», «Tests ADN» «La France, tu l’aimes ou tu la quittes», destinés à séduire l’extrême droite, « Paquet fiscal», «Kadhafi», «Yacht», «Fouquet’s» signes extérieurs assumés du Bling-Bling et ou «Bigard» symbole des amitiés People contestables.
Nicolas Sarkozy n’a pas réussi à faire interdire, par voie judiciaire la distribution de ce livre satirique. Dans son jugement rendu cette semaine, le tribunal a estimé que: «Cette représentation non autorisée de l’image de M. Sarkozy ne constitue ni une atteinte à la dignité humaine ni une attaque personnelle, et s’inscrit donc dans les limites autorisées de la liberté d’expression et du droit à l’humour». Et le tribunal d’argumenter dans cette affaire qu’il qualifie de «protestation ludique et d’exutoire humoristique» : «Même s’il peut apparaître déplaisant d’inciter le lecteur à planter des aiguilles dans une poupée à l’effigie d’une personne, (…) le juge n’a pas à apprécier le bon et le mauvais goût».
Nicolas Sarkozy, incurable procédurier à cause sans doute de sa formation d’avocat, a donc perdu, pour le moment, la sixième procédure judiciaire engagée depuis son accession à l’Elysée. Ségolène Royal, victime de la même satire, a profité de l’occasion pour se distinguer : «c’est la protection d’une liberté de caricaturer les puissants de ce monde (…) J’ai le sens de l’humour moi, je ne porte pas plainte contre ma poupée vaudou». Ce qui lui a valu une réponse cinglante et téléphonée de l’UMP : «Mme Royal s’est érigée elle-même en caricature ambulante sur la scène du Zénith il y a quelques semaines (…) Elle ne doit donc pas craindre une atteinte à ce droit qu’elle fait vivre régulièrement et avec beaucoup de constance».
Parallèlement à l’affaire de la poupée vaudou, les avocats de Nicolas Sarkozy n’ont pas quitté les tréteaux des tribunaux de la République. Et pour cause. Son compte bancaire ainsi que celui de son père et de son ex-femme Marie-Dominique Culioli on été piratés. Dans cette affaire qui alimente régulièrement les pages faits divers des journaux, trois personnes arrêtées dont une mise en examen et placée en détention sont les employés d’une boutique de téléphonie mobile. Elles sont soupçonnées par le parquet de Nanterre «d’avoir participé sciemment à des ouvertures de lignes frauduleuses» avec les coordonnées bancaires des Sarkozy.

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