Nicolas Sarkozy reste droit dans ses bottes

Nicolas Sarkozy reste droit dans ses bottes

La question qui taraude les esprits aujourd’hui est la suivante : Nicolas Sarkozy a-t-il réussi à convaincre les Français qu’il est capable de reprendre la main et remonter la pente quand différents sondages le décrivaient au fond du trou pour cause de mauvaise gouvernance et de scandales à répétition? Il est vrai que tout président de la République qu’il est, si génial dans son art de communiquer, si adroit dans sa capacité à esquiver et à séduire, Nicolas Sarkozy ne disposait pas d’une baguette magique capable par un coup de prestidigitation de faire disparaître les gros nuages noirs qui pèsent sur sa destinée actuelle. En renouvelant aussi clairement sa confiance à Eric Woerth, ministre du Travail englué dans une sordide affaire de financement illégal et de conflit d’intérêts, Nicolas Sarkozy a voulu signifier un message clair à ses détracteurs. Ce n’est pas à ces officines qui ont sorti son homme du bois qui l’ont traqué jusqu’au sang, qu’il appartient de lui imposer un agenda et dicter une conduite. D’un autre côté, personne de réellement censée ne s’attendait une seconde que le président de la République puisse lâcher son ministre du Travail. Les commentateurs politiques ont usé et abusé de cette expression. Le faire équivaut à se tirer une balle dans les genoux. Tant leurs destins étaient intimement liés. Nicolas Sarkozy était donc condamné à défendre son ministre du Travail. Il l’a fait avec passion et souvent avec exagération. Il a volontairement grossi le trait. Histoire de signifier quel était le degré de sa détermination. Quand Nicolas Sarkozy souligne avec autant d’insistance la grande honnêteté de son ministre du Travail, c’est davantage pour mieux fermer les portes à ceux qui le pressent, au sein de sa propre famille, de se débarrasser d’Eric Woerth, devenu un colis encombrant pour toute nouvelle stratégie politique. Plus la pression se montre grande sur Nicolas Sarkozy, plus le curseur de l’honnêteté devient plus gras. Certes, Nicolas Sarkozy a cédé sur un point essentiel, celui de demander à Eric Woerth de quitter son poste de trésorier au sein de l’UMP. La raison officielle est de se consacrer exclusivement à la grande réforme des retraites. La raison officieuse est de mettre fin à un conflit d’intérêt qui devient de plus en plus intenable. En balayant d’un revers de la main toutes les accusations portées contre lui dans l’affaire Bettencourt, Nicolas Sarkozy ne s’est pas donné le temps de convaincre. Sur le ton «Est-ce que j’ai une tête à dîner chez les Bettencourt et à repartir avec une enveloppe pleine d’argent», Nicolas Sarkozy avait voulu couper l’herbe sous les pieds de ses détracteurs qui soulignaient son rapport complexe avec l’argent. Il a été beaucoup plus pertinent dans la justification du non remaniement dans l’immédiat comme des politiques et des commentateurs le lui suggéraient avec insistance. Sans fébrilité ni précipitation, le changement d’octobre aura bien lieu. Seule demeure inconnue son ampleur. Autrement dit, François Fillon, Premier ministre va-t-il faire le quinquennat entier ou être remplacé comme la rumeur politique le laisse entendre par l’actuelle ministre de la Justice Michelle Alliot-Marie ? Il faut dire que les candidats à Matignon avec lesquels Nicolas Sarkozy peut s’entendre ne se bousculent plus au portillon.

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