Nicolas Sarkozy tire son épingle de la crise

Nicolas Sarkozy tire son épingle de la crise

Il s’agit sans conteste d’un des dommages collatéraux les plus agréables de cette crise financière pour l’Elysée. La cote de popularité de Nicolas Sarkozy a repris de la vigueur après avoir été en berne pendant de longs mois. La tendance est réellement à l’embellie, comme l’ont confirmé trois sondages successifs. Le Baromètre Ipso-Le Point, ViaVoice-Libération et CSA –Le Parisien- Aujourd’hui ont décrit un net regain de la popularité du président de la République avec un bond de presque 8 points qui permet à Nicolas Sarkozy d’atteindre son meilleur score depuis janvier dernier avec 49% d’opinions favorables. Pour un président de la République qui, à cause d’un ego abrasif, n’a pas réussi à camoufler son amertume de voir durer le désamour des Français au point de morigéner publiquement quelques regrets , la lecture de ces sondages a dû avoir un effet de renaissance. La surprise était d’autant plus grande que Nicolas Sarkozy s’attendait certainement à ce que l’humeur massacrante des ménages, inquiets pour leurs épargnes et qui voyaient fondre leur pouvoir d’achat, allait se répercuter négativement sur l’image des gouvernants.
Mais, il n’en fut rien. Nicolas Sarkozy tire son épingle du jeu et sort renforcé par cette crise. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation. La première est le volontarisme actif dont a fait preuve le président de la République depuis le début de cette tornade financière. Alors que d’autres responsables ont vu leur stratégie paralysée par la panique, Nicolas Sarkozy a été un des premiers à dévoiler des propositions concrètes qui ont eu un écho international, même si souvent il s’était contenté de reformuler certaines idées déjà proposées par le Premier ministre britannique Gordon Brown. Le savoir-faire et la capacité de dire et de vendre de Nicolas Sarkozy ont été de faire croire qu’il était l’auteur de l’ensemble de la thérapie suggérée. La seconde raison découle logiquement de la première. C’est que profitant de son statut de président de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy a pu s’offrir toutes les tribunes planétaires pour développer son message et marquer sa différence. Le président de la République, mal-aimé dans son pays, moqué pour son style de vie, durement critiqué pour des promesses électorales non tenues, se voit, tout d’un coup, incarner la fonction d’un acteur mondial majeur sur les épaules sur lesquelles repose en partie la suite de cette crise.
La troisième raison, qui semble avoir permis à Nicolas Sarkozy de reprendre le fil de dialogue et de communication avec les Français, est l’exploitation sociale de cette passe difficile. Alors que de larges secteurs de l’économie vivent comme un cauchemar l’onde de choc de cette crise, Nicolas Sarkozy semble avoir trouvé la recette magique pour concocter un agenda de déplacements et une prise de parole qui avait donné l’impression aux Français que le président de la République n’était pas loin de leurs préoccupations et de leurs angoisses. Les tréteaux en colère, les usines en ébullition ont servi de plate-forme à Nicolas Sarkozy pour renouer le fil social avec ses compatriotes, les mêmes qui lui reprochaient plutôt d’avoir une posture, avec son style Bling-Bling et ses vacances de milliardaire, déconnectée de la réalité du pays. La quatrième raison qui pourrait expliquer cette embellie sondagière de Nicolas Sarkozy tient à la nature et à la qualité de l’opposition qui lui conteste le leadership à domicile. Tout à leurs bagarres internes pour prendre le contrôle du PS, les socialistes semblent avoir oublié leur rôle d’opposants. Les prises de position de Nicolas Sarkozy sur cette crise n’ont été que mollement critiquées quand certaines mesures n’ont pas été carrément applaudies par la rue de Solferino. De temps à autre, l’impression de consensus et d’unanimité nationale semble avoir été perçue par l’opinion française comme une performance à mettre sur le crédit personnel de Nicolas Sarkozy. Face à l’absence de critiques percutantes de la part des socialistes, Nicolas Sarkozy semble-être resté, dans ce débat, en tête-à-tête idéologique avec des postures aussi radicales que celle que développe un homme comme Olivier Besancenot, patron du nouveau parti anticapitaliste. Cette situation suffit, à elle seule, de transformer les défaillances d’hier en recours précieux d’aujourd’hui.

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