Nouveau bras de fer entre les syndicats et Sarkozy

Nouveau bras de fer entre les syndicats et Sarkozy

Les syndicats français ont affirmé jeudi avoir gagné leur pari en faisant se déplacer des centaines de milliers de manifestants dans les rues contre la réforme des retraites du président Nicolas Sarkozy, mais le pouvoir notait de son côté une baisse du nombre des grévistes. Pour la deuxième fois en un peu plus de deux semaines, la France faisait face à une journée nationale de grève et de manifestations contre le projet phare de la deuxième partie du mandat de Nicolas Sarkozy. En tête de la manifestation parisienne, qui s’est ébranlée en début d’après-midi, François Chérèque, secrétaire général du syndicat CFDT (réformiste), a assuré que le pari était «gagné». «Ce qu’on attend, c’est que le gouvernement décide de revoir sa réforme et d’en construire une autre», a-t-il ajouté. Le chef du syndicat Force Ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, a appelé à de nouvelles actions si le gouvernement ne suspend pas son projet. Le principal défilé, à Paris, s’annonçait massif, selon un journaliste de l’AFP. Les manifestants brandissaient des pancartes, «prisonniers du boulot» ou «à la retraite Sarkozy, raciste !», une allusion au récent débat sur les expulsions de Roms. Au plus bas dans les sondages, Nicolas Sarkozy veut tenir bon sur cette réforme, sur laquelle il compte pour reprendre la main sur l’agenda politique avant la présidentielle de 2012. Alors que le texte a déjà été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale et doit être examiné le 5 octobre au Sénat, les syndicats espéraient faire mieux que le 7 septembre, précédente journée d’action qui avait rassemblé plus d’un million de personnes dans les rues de France selon la police et jusqu’à 2,7 millions selon les principales centrales. D’après les chiffres du ministère de l’Intérieur, «un peu moins de 410.000 manifestants» avaient été comptés dans toute la France à la mi-journée, contre 450.000 le 7 septembre à la même heure. L’Elysée soulignait aussi une baisse du nombre des grévistes. «En première analyse, cela signifie que soit les Français considèrent que tout cela est déjà derrière eux, soit qu’ils adhérent davantage au projet de réforme», disait-on à la présidence. Les perturbations ont commencé tôt jeudi matin, affectant essentiellement la circulation des trains et des avions, ainsi que le fonctionnement d’écoles, certaines restant fermées. Dans les aéroports, les voyageurs connaissaient une journée noire, avec généralement l’annulation de 40% des vols, jusqu’à 50% à l’aéroport parisien d’Orly (contre 25% le 7 septembre). En revanche, le rail était moins touché: la société SNCF prévoyait de faire rouler un train à grande vitesse (TGV) sur deux, mais le trafic international était quasi-normal. La direction a recensé 37% de grévistes et les syndicats près de 50%, en léger recul. Réforme emblématique de la seconde partie du mandat du président Nicolas Sarkozy, le projet de loi controversé sur les retraites prévoit notamment le relèvement de 60 à 62 ans, à l’horizon 2018, de l’âge minimal de départ à la retraite. Le gouvernement considère que faire travailler les Français plus longtemps, à l’instar de leurs voisins européens, est la meilleure option pour assurer des besoins de financement évalués à 70 milliards d’euros d’ici à 2030.Les syndicats, qui ont prévu de se retrouver vendredi pour décider de la suite à donner à leur mouvement, attendent du Sénat qu’il «réduise les injustices» du texte, avec le maintien d’une pension de retraite à taux plein à 65 ans (et non 67 ans comme le prévoit le texte) pour les plus pénalisés.

  Sofia Bouderbala (AFP)

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