Nouveaux affrontements sanglants dans le nord

Des affrontements ont eu lieu sur la rue principale séparant les quartiers populaires de Bab al-Tebbaneh et de Jabal Mohsen, au nord du Liban. Ces quartiers avaient déjà été il y a deux semaines le théâtre d’affrontements à caractère politique qui avaient fait neuf morts et quelque 45 blessés. Bab al-Tebbaneh est à majorité sunnite et un fief de la majorité antisyrienne alors que les habitants de Jabal Mohsen font partie de la communauté alaouite (branche du chiisme), partisans du mouvement chiite Hezbollah, chef de file de l’opposition. «Un habitant de Jabal Mohsen et un passant qui a été pris entre les tirs ont été tués mercredi dans les affrontements qui ont fait également 32 blessés», a indiqué à l’AFP un responsable de la sécurité. Les blessés appartiennent aux deux camps rivaux, sunnites et alaouites, qui se livrent des combats depuis mardi soir, a-t-il ajouté. Les affrontements se sont intensifiés en début de matinée dans le quartier de Bab al-Tebbaneh où des dizaines d’habitants ont fui leurs foyers pour se réfugier dans des lieux plus sûrs, a constaté l’AFP. Les confrontations s’étaient poursuivies à l’aube alors que des tirs de roquette et de mitrailleuse ont été entendus 04H30 (01H30 GMT). Un soldat des Forces armées libanaises a été blessé mardi soir, a indiqué le responsable de la sécurité. Il a déclaré que les Forces de sécurité intérieure, la police, avaient reçu ordre d’intensifier les patrouilles et «d’arrêter toute personne portant atteinte à la sécurité publique, même en recourant à la force». L’armée, qui s’était déployée en force lors des affrontements du mois dernier, a pris position aux principaux carrefours de Bab al-Tebbaneh dés mardi soir mais n’est pas intervenue jusqu’à présent, ont indiqué des témoins. Selon le responsable de sécurité, des explosions ont été entendues à 21H30 (18H30 GMT) ainsi que quelques tirs avant que les heurts ne redoublent d’intensité une heure plus tard. Le bilan des combats d’il y a deux semaines était le plus élevé depuis les violences entre factions survenues en mai dans plusieurs régions du Liban et qui avaient fait 65 morts, faisant craindre que le pays ne bascule de nouveau dans une guerre civile. Les nouveaux heurts interviennent alors que le gouvernement d’union nationale, prévu par l’accord de paix de Doha signé en mai par les parties libanaises, n’est toujours pas formé en raison de divisions sur l’attribution des portefeuilles.

• Omar Ibrahim (AFP)

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