Nucléaire : l’Iran défie l’ONU

Nucléaire : l’Iran défie l’ONU

Une nouvelle partie du «bras de fer» s’engage entre l’Iran et l’ONU. En réaction à la proposition de «négociations sérieuses» avancée par l’Iran, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, en plus de l’Allemagne, ont exigé « d’abord la suspension de toute activité d’enrichissement d’uranium ».
Les Etats-Unis, par la voix de leur ambassadeur auprès de l’Onu, ont fait savoir hier que « seul un arrêt pur et simple de l’enrichissement d’uranium par Téhéran d’ici la date limite du 31 août, pourrait lui permettre d’éviter des sanctions ». Dans une déclaration hier à Washington, John Bolton a précisé que les Etats-Unis étaient « prêts à soumettre très rapidement au Conseil des éléments d’une résolution imposant des sanctions économiques à l’Iran », s’il ne renonçerait pas, d’ici le jour « J », à l’enrichissement d’uranium. Même son de cloche chez le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, qui  affirme que la suspension par l’Iran de l’enrichissement d’uranium est la condition préalable pour rouvrir des négociations avec Téhéran.
«Le retour à la table des négociations est lié à la suspension de l’activité d’enrichissement d’uranium», a déclaré le chef de la diplomatie française lors d’une conférence de presse hier à Paris au côté de son homologue israélienne Tzipi Livni. Face à la fermeté franco-américaine, l’Iran ne compte pas baisser les bras. Téhéran parie sur une probable division au sein du Conseil de sécurité, sachant que la Chine avait déjà fait savoir son opposition à toute éventualité de sanctions économiques. Vieil allié de Téhéran, Moscou a, à son tour, mis en garde contre le risque de « toute précipitation » pour imposer des sanctions à l’Iran.
«La Russie va continuer à chercher un règlement politique par la voie des négociations», a expliqué le porte-parole de la diplomatie russe, Mikhaïl Kamynine, qui a jugé «très important de comprendre les subtilités, de trouver les éléments constructifs» dans la réponse iranienne. Or voilà, selon plusieurs observateurs occidentaux, l’Iran aurait apporté une réponse ambiguë à la demande des grandes puissances de suspendre son enrichissement d’uranium, refusant apparemment une suspension immédiate, mais offrant des « négociations sérieuses » sur le sujet.
«Les Iraniens donnent le sentiment de vouloir sérieusement négocier, mais ne semblent pas prêts pour autant à faire des concessions significatives», a dit mercredi à l’AFP un diplomate occidental, sous couvert de l’anonymat. En s’accrochant à son programme d’enrichissement d’uranium, Téhéran risque non seulement de se voir imposer des sanctions, mais pourrait aussi se priver de l’offre de mesures incitatives de coopération économique faite par les grandes puissances. N’empêche, d’ici le 31 août, il reste encore une marge de manœuvre pour trouver une sortie à la crise qui oppose l’Iran à l’Occident.

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