Nucléaire : Pyongyang fait amende honorable

La soudaine volonté affichée par la Corée du Nord de respecter l’accord sur la fermeture de ses équipements nucléaires, plus d’un an après avoir renié des engagements similaires, répond à ses intérêts bien compris autant qu’au souci de ménager le voisin chinois, selon les analystes. «Je pense que la volonté de remédier à la situation économique actuelle, et en particulier au manque d’énergie et de nourriture, a dû être un facteur déterminant», estime Tim Taewoo de l’Institut d’analyse des questions de Défense, à Séoul. En vertu de l’accord arraché mardi à l’issue d’une nouvelle session de négociations multilatérales à Pékin, la Corée du Nord s’est engagée, dans un premier temps, à fermer son principal réacteur nucléaire à Yongbyon (nord) dans un délai de 60 jours. L’accord stipule également le retour de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dont les inspecteurs avaient été expulsés en décembre 2002. Le régime recevra une première livraison de 50.000 tonnes de fioul dans les 60 jours. Quelque 950.000 autres tonnes lui seront fournies lorsque les premières étapes auront été respectées. Résolu à négocier en position de force depuis l’explosion de sa première bombe atomique, le 9 octobre 2006, le leader nord-coréen semble avoir très opportunément lâché du lest. «Kim Jong-il a dû penser que, pour l’heure, ce dont il avait besoin c’était d’un important volume d’énergie plutôt que du nucléaire de façon à garder la population sous sa coupe», considère Koh Yu-hwan de l’Université Dongguk, à Séoul, cité par l’agence sud-coréenne Yonhap. Autre explication avancée pour expliquer l’attitude conciliante affichée par Pyongyang : le souci de ne pas s’aliéner le voisin chinois. L’allié de toujours et premier partenaire économique pourrait, théoriquement, fermer les vannes de son aide économique et mettre son petit voisin à terre. C’est l’avis de John Feffer, responsable d’un centre de recherches américain, l’International Relations Center. «Cependant, estime M. Feffer, Pékin a toujours pris soin de ne pas aller trop loin pour ne pas mettre en danger le régime de Kim Jong-il. Et, au bout du compte, la Corée du Nord agit d’abord en fonction de ses intérêts et non pour obéir au grand frère», ajoute-t-il.

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