Offensive des lobbyistes sur les réformes d’Obama

Offensive des lobbyistes sur les réformes d’Obama

L’offensive des lobbyistes menée à coup de millions de dollars s’intensifie au Congrès américain, alors que le calendrier parlementaire affiche cet automne trois priorités clés du président Barack Obama: l’économie, la santé et le climat. Selon un rapport récent du groupe citoyen indépendant Common Cause, les groupes de pression liés au seul secteur de la santé ont dépensé 1,4 million de dollars par jour dans les premiers mois de 2009 pour influencer le Congrès, contre une moyenne d’un million par jour en 2006. Le président Barack Obama avait fait de la lutte contre l’influence des lobbyistes à Washington l’un de ses thèmes de campagne. Pourtant à la Maison- Blanche l’aide des groupes pro-environnement ou des syndicats est bienvenue. «Il se contredit, comme tous les candidats présidentiels l’ont fait depuis des décennies. Il est très facile d’attaquer les intérêts particuliers. Mais il est aussi impossible de faire quoi que ce soit sans eux», estime le journaliste Jeff Birnbaum, spécialiste des groupes de pression. Le lobby des retraités, l’AARP, aide par exemple Barack Obama à faire passer sa réforme de la protection santé, mais celui des petites entreprises et des assurances est contre, ce qui constitue un «danger» pour le président, selon M. Birnbaum. Ceux des médecins et des compagnies pharmaceutiques ne se sont pas prononcés contre la législation d’une manière générale, «c’est une bonne nouvelle pour le président, mais il n’est pas sûr que ce soutien perdurera». «L’influence des lobbyistes a augmenté au cours de la dernière décennie», affirme Dave Levinthal, du Center for responsive politics, un groupe indépendant qui réclame plus de transparence dans l’activité des groupes de pression. Selon lui, le fait que M. Obama ait dit qu’il voulait réduire l’influence des lobbyistes est «presque hors de propos puisque la plupart de leur activité a lieu au Congrès. Il n’a pas le moyen de le faire». Thomas Mann, expert en politique américaine au centre de recherche Brookings Institution- estime que les lobbyistes font partie du «processus législatif» et juge que le président Obama s’est montré «naïf» en voulant combattre les groupes de pression. Mais pour lui, s’ils sont des milliers, ils ne représentent pas une «force prédominante». «Vous ne pouvez pas généraliser et les définir comme un ensemble de forces qui vont dominer le résultat (des votes au Congrès)», explique-t-il. Quelque 1.150 groupes de pression se sont manifestés auprès du Congrès au deuxième trimestre 2009, avant le vote le 26 juin par la Chambre des représentants d’une loi contre le réchauffement climatique, selon une étude récente de l’organisme indépendant Center for Public Integrity. Ce chiffre représente une augmentation de 30% par rapport au premier trimestre. Parmi les entreprises récemment engagées en faveur de la loi sur le réchauffement climatique figurent des groupes tels que l’American Sugar Cane Company, qui défend le secteur de la canne à sucre, l’America’s Natural Gas Alliance qui défend celui du gaz naturel, ou encore le milliardaire texan T. Boone Pickens qui a fait fortune dans le pétrole avant de se tourner vers l’énergie solaire. Face à eux se trouvent des groupes industriels qui eux aussi cherchent à mettre leur poids dans la balance. La National Association of Manufacturers et la National Federation of Independent Business ont lancé cette semaine une campagne de spots télévisés et radio qu’ils diffuseront dans plusieurs Etats américains.


Emmanuel Parisse (AFP)

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