Otages d’Irak : le retour de l’espoir

Otages d’Irak : le retour de l’espoir

L’Italie a joyeusement célébré le retour, mardi, de Simona Pari et Simona Torretta, les deux humanitaires prises en otage et dont le sort était resté inconnu depuis leur rapt le 7 septembre dans le bureau de leur ONG à Bagdad. Plusieurs chaînes satellitaires ont consacré une bonne part de leurs journaux télévisés à cet événement. C’est Al Jazirah qui a annoncé leur libération, très vite confirmée par le Premier ministre Silvio Berlusconi qui n’a pas précisé dans quelles conditions les otages ont été libérés. Même le ministre italien des Affaires étrangères, dans un entretien téléphonique avec la chaîne qatarie a nié les informations selon lesquelles une rançon a été versée aux ravisseurs. Mais la réalité n’a pas tardé à être dévoilée.
Le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement a déclaré que Rome avait probablement versé environ un million de dollars aux ravisseurs des jeunes femmes, âgées toutes les deux de 29 ans. «Leurs vies étaient ce qu’il y avait de plus important», a déclaré Gustavo Selva, un membre de la coalition de droite de Berlusconi. «En principe, nous ne devrions pas céder au chantage, mais cette fois-ci nous devions le faire, même si c’est une voie dangereuse car, bien sûr, cela va encourager d’autres personnes à prendre des otages, que ce soit pour des raisons politiques ou criminelles», a-t-il ajouté. Interrogé par la radio française RTL à propos de la somme d’un million de dollars, Selva a déclaré : «Je pense que nous avons fini par payer. La somme est probablement exacte». Toujours est-il qu’après la joie et le soulagement, des voix ont recommencé à s’élever pour contester la présence des troupes italiennes en Irak et réclamer leur retour. «Nous devons sérieusement poser la question du maintien des troupes italiennes en Irak», a affirmé dès mardi soir un des leaders de l’opposition, Luciano Violante, chef du groupe des députés démocrates de gauche (DS), la principale formation de la gauche modérée.
«La détention des deux volontaires empêchait de le faire, mais maintenant que ce problème est réglé, nous devons reposer la question, parce que le maintien de troupes d’occupation est devenu un des facteurs des désordres et de la guerre en Irak», a-t-il expliqué.
L’opinion publique est toutefois majoritairement contre cette présence militaire, soulignent toutes les enquêtes d’opinion. Il ne faudrait pas oublier que le gouvernement italien a envoyé près de 3.000 militaires en Irak et leur mission a été prolongée jusqu’à la fin du mois de décembre par un vote du Parlement. De son côté, la compagnie de télécommunications égyptienne Orascom, qui exploite une licence de téléphonie mobile en Irak, a annoncé la libération de quatre de ses employés égyptiens, enlevés le 22 septembre près d’Al-Qaëm (ouest). Un porte-parole d’Orascom à Bagdad a fait état de la libération de deux Irakiens qui avaient été enlevés en même temps. Une chose est désormais sûre : ces libérations redonnent espoir pour les deux journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, kidnappés avec leur chauffeur et interprète syrien Mohammad Al-Jundi le 20 août sur la route Bagdad-Najaf, et pour le Britannique Kenneth Bigley enlevé le 16 septembre à Bagdad avec deux Américains qui ont été depuis exécutés par leurs ravisseurs. La chaîne satellitaire Al-Arabiya a indiqué de son côté que les deux Français seraient libérés dans 48 heures.
Toutefois, à Paris, le ministère des Affaires étrangères a indiqué ne «pas avoir connaissance d’un (tel) accord». «Nous ne sommes pas au courant d’une mission d’un émissaire qui aurait rencontré les otages». L’optimisme gagne du terrain, jusqu’en Angleterre où les deux représentants du Conseil des musulmans de Grande-Bretagne, rentrés mardi de Bagdad, se sont déclarés optimistes quant à la libération de Ken Bigley. «Nous avons reçu des informations et des promesses très encourageantes qui, nous l’espérons, si Allah le veut, mèneront à la libération de Ken Bigley», a déclaré Daoud Abdallah. En attendant, 25 étrangers sont encore detenus, dont les deux Français et le Britannique.

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