Où se cache Oussama Ben Laden ?

Où se cache Oussama Ben Laden ?

Où se cache Oussama ben Laden ? Face à cette question à 50 millions de dollars, la plupart des experts estiment qu’il se terre dans les zones tribales pakistanaises, même si certains pensent qu’une grande ville pakistanaise pourrait être un meilleur refuge. La seule chose certaine est qu’il a fui, fin 2001, l’Afghanistan et qu’il est entré au Pakistan par la province du Waziristan du Nord, l’une des zones tribales semi-autonome, peuplées de Pachtounes traditionnellement rétifs à l’autorité centrale. Pour de nombreux experts, spécialistes pakistanais et occidentaux et membres des services antiterroristes, le plus plausible est qu’il y soit resté, protégé par des liens anciens avec certaines tribus ou groupes et surtout par la terreur que font régner les talibans pakistanais qui le protègent. Pour un officier occidental engagé dans la lutte antiterroriste, qui demande à ne pas être identifié, la traditionnelle omerta qui régnait dans les zones tribales a été remplacée par une terreur sans nom.  «Le nom d’Oussama Ben Laden est devenu tabou», dit-il. «Le simple fait de le prononcer vous rend suspect. Et sachant le sort réservé aux espions, personne ne s’y risquerait».
Dans les zones tribales circulent des DVD sur lesquels figurent d’atroces scènes de décapitations de personnes simplement soupçonnées de travailler pour Islamabad ou les États-Unis.  Et après les attaques de drones américains, qui parviennent régulièrement à éliminer des combattants d’Al Qaïda ou des chefs talibans pakistanais, les représailles contre les traîtres présumés ou tous ceux soupçonnés d’avoir joué les informateurs sont implacables. «Si ben Laden est vivant, il n’y a quasiment aucun doute qu’il est dans les zones tribales», poursuit cet officier. «Il y a des zones si encaissées qu’aucune attaque de drone n’est possible: les missiles ne peuvent être tirés à la verticale».  «Son assurance, c’est un mélange d’adoration, d’ignorance-une prime de 50 millions de dollars ne dit pas grand-chose à un paysan illettré – et de terreur absolue». Selon lui, malgré les offensives récentes de l’armée pakistanaise, il subsiste dans ces régions reculées des «zones noires», interdites à quiconque, où il reste possible d’échapper aux recherches.  Selon un officier de l’armée pakistanaise, qui lui aussi demande à rester anonyme, «ben Laden aurait été repéré dans le nord-Waziristan fin 2004. Depuis, plus rien». D’autres experts, comme la politologue française Mariam Abou Zahab, penchent pour l’hypothèse d’une cachette dans une grande ville, plus anonyme. «On oublie souvent que les zones tribales sont minuscules. Il est impossible d’y passer longtemps inaperçu», dit-elle à l’AFP. Selon elle, la fameuse «hospitalité pachtoune», qui oblige les farouches clans locaux à accorder une protection inconditionnelle aux visiteurs, est un mythe qui a fait son temps. «Avec les offensives des talibans et de l’armée pakistanaise, le système tribal s’est effondré. Les chefs traditionnels ont été tués ou ont fui la région», assure-t-elle. De même, il y a quelques mois, le général pakistanais Asad Durrani, ancien chef des puissants services secrets de son pays (ISI), avait dit: «Pourquoi pas une grande ville ? N’importe où au Pakistan, en Afghanistan. Ce sont des endroits où vous pouvez vous cacher beaucoup mieux que dans les zones tribales». Cette hypothèse est toutefois jugée peu crédible par des officiers et membres des services pakistanais, interrogés à Islamabad par l’AFP sous le couvert de l’anonymat. «Les membres d’Al Qaïda ont été arrêtés quand ils se sont installés en ville» rappelle l’un d’eux. «Ce serait suicidaire pour lui de rester là où les services sont puissants et quadrillent le terrain».

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