P.O. : le difficile dialogue

P.O. : le difficile dialogue

Malgré la persistance des tensions, les deux rencontres israélo-palestiniennes prévues jeudi semblaient toujours à l’ordre du jour. La première devaient réunir le ministre palestinien des Finances Salam Fayad et le ministre israélien du Commerce et de l’Industrie, Ehud Olmert. Les deux hommes entendaient discuter d’un renforcement de la coopération économique entre les deux camps, au lendemain de l’octroi par Washington d’une aide directe de 20 millions de dollars à l’Autorité palestinienne. Dans la soirée, le ministre délégué aux affaires de sécurité, Mohammad Dahlane, et le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, devaient quant à eux discuter de la poursuite du retrait de l’armée israélienne des territoires, mais aussi de la difficile question des prisonniers. Deux sujets qui ont entraîné une grave crise au sein de l’Autorité au point que Mahmoud Abbas a menacé mardi de démissionner du Fatah, mais aussi et surtout de son poste de Premier ministre. Le mouvement, fondé en partie par le président Arafat et Abou Mazen, a en effet dénoncé la façon dont le responsable gérait les négociations avec Israël. Selon plusieurs membres du Comité central du Fatah, le chef du gouvernement aurait jusque-là été trop conciliant, notamment sur la libération des quelque 6.000 Palestiniens détenus par l’Etat hébreu. Le Hamas et les autres groupes armés réclament eux aussi la remise en liberté de tous ceux qu’ils considèrent comme des « prisonniers politiques ». Une revendication à laquelle le cabinet Sharon, malmené par une bonne partie de ses ministres, n’a répondu que très partiellement en libérant 350 détenus dimanche dernier. Dès mardi, l’émissaire américain pour le Proche-Orient John Wolf a appelé l’Etat hébreu à augmenter le nombre de ces libérations « pour renforcer la position de M. Abbas», mais aussi à démanteler plus de colonies sauvages en Cisjordanie… autre sujet de frictions. Cette situation précaire a fini par menacer la trêve conclue unilatéralement par les factions militantes le 29 juin, d’autant que plusieurs incidents sont venus la fragiliser ces deux dernières semaines. Elle a aussi nettement mis à mal la position déjà très délicate de Mahmoud Abbas. Encore impopulaire chez les Palestiniens, le Premier ministre a au contraire été « adoubé » par les Etats-Unis, qui lui ont d’ailleurs réaffirmé leur soutien mercredi, et l’Etat hébreu. Pour une double raison : non seulement parce que ce modéré, partisan de la démilitarisation de l’Intifada, représente une évolution notoire dans le fonctionnement démocratique de l’Autorité palestinienne, mais aussi parce qu’il a permis à Washington comme Tel-Aviv d’écarter Yasser Arafat du processus de paix. D’où ces tensions internes qu’une délégation égyptienne menée par le général Moustafa al-Bouhiri a tenté de calmer mercredi en se rendant dans la Bande de Ghaza. Elle y a rencontré les représentants des mouvements radicaux qui se sont déclarés engagés dans le maintien de la trêve. Le même jour, le président égyptien Hosni Moubarak a de son côté appelé Yasser Arafat pour lui demander d’éviter les dissensions. Cette médiation égyptienne, très influente, suffira-t-elle à ramener le calme ? Il en va aussi du gouvernement israélien qui, depuis le lancement de la feuille de route le 4 juin lors du Sommet d’Aqaba, souffle le chaud et le froid. Comme s’il voulait les pistes de ce difficile chemin vers la paix…

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