Pakistan : 4 morts dans de nouvelles violences religieuses

Les derniers incidents se sont produits à Hangu où l’armée et la police s’efforçaient de rétablir l’ordre après des violences meurtrières la veille.

"La situation n’est pas totalement sous contrôle, mais nous avons un calme tendu", a résumé le chef de la police de Hangu, Abdul Majid Khan.

Un couvre-feu à été instauré dans cette ville de 90.000 habitants, à 175 km à l’ouest d’Islamabad et à 50 km de la frontière afghane, tandis qu’armée et police ont évacué du centre ville les militants sunnites et chiites qui s’y sont affrontés jeudi jusque tard dans la nuit.

Trente-et-une personnes ont été tuées jeudi dans un attentat-suicide contre une procession chiite, suivi d’affrontements entre les deux communautés musulmanes qui ont ravagé le centre de la ville et se sont étendus aux villages voisins.

Des tirs d’armes à feu, de mortier et de roquettes se sont poursuivis jusque dans la matinée de vendredi dans le village d’Ibrahimzai, à une dizaine de kilomètres à l’est de Hangu, a constaté un correspondant de l’AFP à Hangu.

"Il y a eu des échanges de tirs à l’armée lourde dans la nuit, mais la situation est pratiquement sous contrôle", a affirmé à l’AFP à la mi-journée un officier des forces paramilitaires des Frontier Corps, Jahanzeb Khan.

L’armée a menacé de faire intervenir des hélicoptères de combat contre les militants sunnites et chiites retranchés dans les villages, a ajouté le chef de la police Abdul Majid Khan, tandis que des camionnettes de la police circulaient en ville en invitant par haut-parleurs les habitants à rester chez eux.

"Selon nos informations, quatre personnes ont été tuées (vendredi), deux à Ibrahimzai, un est décédé à l’hôpital et un quatrième a été tué dans un bombardement ailleurs", a affirmé à l’AFP le maire de Hangu Ghaniur Rehman.

Trois personnes ont également été blessées, a-t-il ajouté.

Selon les habitants de Hangu, 80% des quelque 700 à 800 magasins du centre-ville ont été détruits par les émeutes qui ont suivi l’attentat anti-chiite et la rue principale ressemblait vendredi à une "zone de guerre", jonchée de décombres, de véhicules incendiées et bordée de magasins dévastés, certains encore fumant, d’incendies mal éteints.

Le directeur de l’hôpital de Hangu, Abdul Rashid Khan, a indiqué que le torse d’un cadavre retrouvé sur les lieux de l’attentat était considéré comme celui du kamikaze qui visait la procession d’Achoura, au cours de laquelle les chiites célèbrent le martyre de l’imam Hussein, petit-fils de Mahomet, tué à la bataille de Kerbala (Irak) en 680.

Le ministre pakistanais de l’Intérieur Aftab Sherpao, cité par les médias publics, a affirmé que la situation était "sous contrôle" à Hangu, et que la sécurité avait été renforcée dans tout le pays pour éviter une contagion des violences entre extrémistes des deux communautés musulmanes.

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