Palestine : L’électricité, une épée de Damoclès sur la tête des habitants de Gaza

Près de 360.000 litres de fioul ont été livrés mercredi dernier aux services concernés. Une quantité suffisante pour approvisionner la bande de Gaza en électricité jusqu’à vendredi. Une bulle d’oxygène pour les habitants qui vivaient depuis quatre jours dans le noir complet. En effet, dimanche 19 août, la Compagnie palestinienne d’électricité (PEC) avait dû cesser toute activité, les livraisons de fioul n’ayant pas été assurées par les autorités israéliennes depuis jeudi, laissant l’entreprise et près de la moitié des habitants de la bande de Gaza, sans électricité. Au début, les raisons étaient d’ordre sécuritaire et concernaient le point de passage de «Nahar Oz» où un tunnel suspect avait été découvert. Ce point de passage reliant l’Etat d’Israël au nord de la bande de Gaza, a été fermé durant trois jours, de jeudi à samedi. Cependant, le dimanche, « Nahar Oz » rouvrait ses portes, mais aucune livraison de fioul n’est arrivée à la compagnie palestinienne d’électricité. Le président n’a donc pas eu le choix et a fermé le quatrième générateur, plongeant la moitié des habitants de la bande de Gaza dans le noir. «À 11h, nous avons tout coupé», a annoncé Rafiq Maliha, président de la Compagnie palestinienne d’électricité. L’impact le plus dangereux reste l’approvisionnement des hôpitaux qui étaient obligés d’utiliser leurs générateurs d’urgence, sans savoir combien de temps ils pourraient tenir. «Notre générateur d’urgence fonctionne à l’essence qui nous est fournit par l’Europe. Nous avons un stock de 17.000 litres, mais nous ne savons pas combien de jours nous pouvons tenir», expliquait le Dr Khalid Annadjar, directeur de l’hôpital «Shuhada Al Aqsa».
Ce n’est que mardi que la nouvelle s’est  répandue : l’Union européenne a arrêté ses paiements pour cause de corruption au sein des leaders responsables de l’approvisionnement en pétrole. Depuis la prise de pouvoir à Gaza, certains des responsables sont issus du Hamas. Or l’Union européenne soupçonne qu’une partie des aides financières accordées pour l’approvisionnement de l’énergie dans la bande de Gaza ne se soit directement retrouvée dans les caisses du parti islamiste. «Ce sont des allégations politiques qui opposent les deux partis à Ramallah et à Gaza.», explique Rafiq Maliha, président de la PEC. «Nous personnellement, nous ne sommes pas concernés par tout cela, mais nous en subissons les conséquences». Kanân ‘Ubeid, député en chef responsable de l’énergie, a lancé plusieurs enquêtes et des arrestations ont d’ores et déjà eu lieux. Il a appelé notamment l’Union Européenne à envoyer des inspecteurs internationaux afin de mener leurs propres investigations. «Il y a eu un contrat avec une compagnie locale sur une quantité de 430.000 litres de fioul fournis pour alimenter les générateurs de la compagnie et la subvention a été volée par l’ancien directeur de la compagnie ainsi que le directeur financier en coopération avec la compagnie d’approvisionnement», explique Kanâan Ubeid. En plus, une subvention de 586.000 dollars américains provenant de l’Union européenne a, semble-t-il, disparu. «Ces allégations sont fausses», s’indigne Suheil Skeik, directeur de la compagnie Getco, qui reçoit les fonds étrangers et gère la distribution de l’électricité. «Les fonds vont directement des mains des donneurs aux trois banques : égyptienne, jordanienne et palestinienne qui gèrent notre argent. D’autre part, nous avons plus d’une cinquantaine d’employés ici et aucun ne se revendique du Hamas ou du Fatah. Nous sommes neutres», explique-t-il. Cette situation reste particulièrement instable pour les habitants de la bande de Gaza et les livraisons d’énergie peuvent être arrêtées à tout moment, constituant une véritable épée de Damoclès pesant lourd au-dessus ses habitants.

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