Palestine : l’union sacrée

Le Parlement palestinien, réuni simultanément à Gaza et Ramallah (Cisjordanie), a donné sa confiance, samedi 17 mars, par 83 voix contre trois au premier gouvernement palestinien d’union, composé de 5 membres du Fatah et 15 du Hamas.
Ce gouvernement, le onzième depuis la création de l’Autorité palestinienne en 1994, est le premier jamais établi entre le parti Fatah du président Mahmoud Abbas et le mouvement islamique radical Hamas du Premier ministre Ismaïl Haniyeh. Les deux hommes sont maintenus à leurs postes respectifs.
D’entrée, Abbas a donné le ton des intentions du nouveau gouvernement : «nous répétons que nous rejetons la violence sous toutes ses formes et que nous recherchons un règlement s’appuyant sur la légitimité internationale, à travers des négociations que nous sommes prêts à reprendre pour parvenir à une paix juste». S’adressant au «peuple et au gouvernement israéliens», Abbas s’est dit prêt à «s’engager sur la voie d’une paix juste en reprenant les négociations sans conditions». De son côté, Israël a, cependant, réaffirmé son refus de négocier avec ce nouveau gouvernement. Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a appelé hier, dimanche 18 mars, la communauté internationale à maintenir le boycott du gouvernement palestinien : «nous espérons que la communauté internationale ne se retrouvera pas piégée par le nouveau gouvernement d’union palestinien et maintiendra la ligne de conduite qu’elle a adoptée pour isoler un gouvernement qui n’accepte pas les principes du Quartette».
«Le programme du gouvernement comprend des éléments extrêmement problématiques qui sont inacceptables pour Israël ou la communauté internationale, notamment le droit à la résistance et le recours au terrorisme», a-t-il estimé.
Les Etats-Unis, eux, se disent prêts à discuter avec certains ministres qui n’appartiennent pas au Hamas, considéré par Washington comme une organisation terroriste.
«Nous maintenons notre politique consistant à ne pas avoir de contacts avec des membres d’organisations terroristes étrangères», a déclaré Micaela Schweitzer-Bluhm, porte-parole du consulat des Etats-Unis à Jérusalem. «Concernant les individus qui ne sont pas membres d’organisations terroristes étrangères, nous ne suspendrons pas nos contacts avec des Palestiniens sur la seule base de leur participation au gouvernement d’unité mais nous prendrons des décisions au cas par cas, basées sur notre évaluation de la situation», a-t-elle ajouté. Hier, le nouveau gouvernement d’union palestinien s’est réuni pour la première fois. La réunion, présidée exceptionnellement par le président Mahmoud Abbas, s’est tenue simultanément par vidéo-conférence à Gaza et à Ramallah, en Cisjordanie. L’occupant israélien empêche les ministres de se déplacer entre les deux territoires. «J’espère que nous serons tous à la hauteur de la responsabilité et dignes de la confiance que le peuple a placée en nous», a déclaré M. Abbas à l’ouverture de la réunion. L’objectif premier de la nouvelle équipe, dirigée par le Premier ministre Ismaïl Haniyeh, issu du mouvement islamiste Hamas, sera d’obtenir la reprise de l’aide internationale aux Palestiniens, gelée depuis l’arrivée du Hamas à la tête du gouvernement en mars 2006.

Les conditions de l’UE

L’Union européenne a salué l’investiture du nouveau gouvernement palestinien, mais elle a précisé que la reprise de l’aide financière serait conditionnée par l’évaluation qui sera faite de son programme et de ses actions.
«La présidence de l’Union européenne rappelle que l’UE est prête à coopérer avec un gouvernement palestinien légitime qui adopterait une plate-forme reflétant les principes du Quartette et à lui apporter de nouveau son soutien», stipule le communiqué publié par la présidence allemande de l’Union. «L’Union européenne examinera avec soin la plate-forme et les actions du nouveau gouvernement et de ses ministres», poursuit-il.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *