Palestiniens : Difficiles dialogues

Le Conseil législatif palestinien s’est de nouveau réuni mardi pour accorder ou non son vote de confiance au gouvernement remanié en juin dernier suite à d’importantes pressions internationales, notamment des Etats-Unis. Ce débat s’annonçait tendu, certains parlementaires ayant déjà fait savoir qu’ils n’avaient aucune confiance en ce nouveau cabinet. Hussein Cheikh, un des chefs du Fatah en Cisjordanie, avait par exemple appelé dès lundi ses homologues à refuser l’investiture de ce nouvel exécutif, qu’il accuse d’inclure des gens opposés à la poursuite de l’Intifada.
Accusant le président de l’Autorité palestinienne de ne pas s’être débarrassé de ministres corrompus et incompétents, d’autres députés ont refusé ce mardi d’entériner l’exécutif. Ce remaniement avait en effet vu Arafat nommer cinq nouveaux ministres, tout en conservant certains dont les noms étaient cités dans des affaires de corruption. L’idée de créer la fonction de premier ministre ayant devenue populaire chez les Palestiniens, certains parlementaires ont d’ores déjà conditionné leur soutien au nouveau cabinet par la création de ce poste. Selon Kadoura Farès, député du Fatah, plus d’une trentaine de parlementaires ont ainsi l’intention de s’opposer au cabinet. Une décision qui n’est, a-t-il précisé, «pas un message en direction d’Arafat, (mais) un message aux Palestiniens pour leur montrer que le Parlement est capable de montrer les dents».
Une délégation menée par le négociateur Saëb Erekat devait pour sa part ce mardi rencontrer celle du ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Pérès. Annoncée lundi et confirmée mardi, cette réunion devait porter «sur des questions politiques, financières, économiques, sur la sécurité ainsi que sur le retrait israélien des territoires palestiniens», ont précisé les Palestiniens. Le 18 août dernier, les deux camps avaient déjà réussi à définir le plan «Ghaza et Beit Lahm d’abord». Cet accord prévoyait un retrait de l’armée israélienne de plusieurs villes palestiniennes parallèlement à une baisse de la violence. Ce Plan n’a pas été respecté. Les deux parties devaient également évoquer à Tel-Aviv la question du versement de nouvelles tranches de fonds dus à l’Autorité palestinienne et gelés par Israël.
Un porte-parole d’Ariel Sharon a aussi précisé que les négociateurs allaient aborder le problème des «mesures humanitaires propres à faciliter les conditions de vie des Palestiniens». Ce retour aux négociations est intervenu au lendemain d’un important discours prononcé par Yasser Arafat, critiqué par la Maison-blanche, qui a alors dit s’attendre à des «actions concrètes», et surtout par Israël, qui a reproché au leader palestinien de ne pas avoir appelé explicitement «au cessez-le-feu». Yasser Arafat «a apporté le malheur à son peuple et au Proche-Orient. Il aurait dû dire qu’il est prêt à céder la place, afin que des discussions de paix puissent s’engager» entre les Palestiniens et Israël, a même commenté mardi le ministre israélien des télécommunications Reuven Rivlin.
Ces activités politiques n’ont ce mardi pas empêché la poursuite des violences puisqu’un Palestinien a été tué par des tirs de soldats israéliens lors d’une «opération militaire» à Betounia, près de Ramallah. Cinq autres ont été arrêtés par l’armée en Cisjordanie dans la nuit de lundi à mardi, dans les secteurs de Jénine, Naplouse et Hébron. Parmi eux figure Louay Abdo, 42 ans, un chef politique local du Fatah, arrêté dans la vieille ville de Naplouse. La radio publique israélienne a indiqué que Bassam Battat, un chef local du Hamas, avait été appréhendé à son domicile à Daharyé, au sud de Hébron.

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